Auteur

Michel Galabru

Le compositeur dans sa tombe se décompose.
Il le sait bien, le chef-d'orchestre, qu'il finira dans la fosse.
En mourant, la star a demandé un clap de fin.
On m'a toujours dit qu'il fallait respecter les plus âgés que soi. Plus ça va, moins j'ai de gens à respecter!
Ce matin, j'ai lu dans le journal: «Peu de gens meurent après cent ans.» Ils font quoi, alors?
Le médecin m'a conseillé le jogging. Il m'a dit que je gagnerai des années de vie. Il avait raison. Je me sens plus vieux de dix ans.
J'ai un ami qui a été mort pendant un an, c'était il y a très longtemps, pour d'obscures raisons fiscales.
La sénilité ne m'inquiète pas: le jour où j'en souffrirai, je ne m'en rendrai pas compte!
La vie d'un centenaire est difficile. Il ne rencontre que des gens surpris qu'il soit encore en vie!
S'il n'y a vraiment rien après la mort, toutes les croyances, toutes les religions, toutes les superstitions apparaîtront comme dérisoires.
En vieillissant, je ne sais pas si le mystère s'épaissit. Mais la silhouette, indiscutablement.
Scandaleux! Pour éviter les importuns, saint Pierre a installé un judas sur la porte du paradis...
Pourquoi ne voit-on jamais à la une des journaux: «Une voyante gagne au loto»?
Dans la nécrologie du Figaro, il semble qu'il y ait plus de morts le samedi. Ce ne sont plus les fins de mois qui sont difficles, mais les fins de semaine!!!
Il ne buvait pas, il ne fumait pas, il ne mangeait pas et il est mort très jeune, ça lui apprendra.
Se faire incinérer, c'est choisir un coin fumeur.
La mort ne tient pas toujours compte de l'âge, alors il faut être prêt!
Tout le monde a peur de la mort, et pourtant tout le monde meurt. Ca ne doit pas être si difficile que ça de mourir parce que finalement tout le monde y arrive, et avec beaucoup plus de simplicité qu'on ne se l'imaginait.
Une vie, c'est 70, 80 sapins de Noël. Remarquez, quelquefois il suffit d'un platane...
Quand Noé a vu arriver la mouche tsé-tsé, il aurait dû lever l'ancre.
On ne voit pas l'utilité de faire tomber les feuilles des arbres pour faire repousser les mêmes quelques mois plus tard.
Sur sa tombe il fit inscrire: «Ici Antoine repose, il ne fit jamais autre chose.»
Au moment de mourir, sa femme, qui était la reine des emmerdeuses, s'approcha et lui dit: «Alors au revoir, Joseph», et, dans son dernier souffle, il lui murmura: «Oh non! Adieu!»
J'ai toujours séparé les choses bestiales des sentiments. Je suis comme Cyrano de Bergerac: j'aime en silence. J'ai peur de l'échec.
En plus je n'étais pas beau. Je ne pouvais pas arriver par les femmes. Je n'étais pas comestible! C'est un gros handicap de ne pas être regardé par les femmes.

Œuvres de Michel Galabru

Interview, novembre 2007.Les grosses têtes, Paris Première, 21 février 2014.Pensées, répliques et anecdotes (2006)Tout est comédie : abécédaire du théâtre et autres fantaisies (2013)