Aimer est déjà un plaisir ; être aimé de l'objet qu'on aime est du bonheur.
Auteur
Marie Genevieve Charlotte Darlus Thiroux d Arconville
En fait de passions, on n'est point aimé parce qu'on aime, mais parce qu'on plaît.
Les femmes ne jouent presque jamais de rôle dans le monde par elles-mêmes, que par l'indécence, l'intrigue ou le ridicule.
Les jolies femmes veulent être cajolées; les laides veulent être considérées ; les vieilles veulent être conseillées et respectées; les beaux esprits femelles veulent être célébrés et admirés ; — mais toutes veulent être flattées.
Il est bon qu'une femme soit en familiarité avec quelques autres femmes, mais il vaut mieux qu'elle ne Soit en confiance avec aucune.
Une femme croit souvent regretter son amant, tandis qu'elle ne regrette que l'amour.
La plupart des femmes préféreraient plutôt d'être moins aimées en effet, pourvu qu'elles le parussent davantage, parce que la vanité est le premier de tous leurs sentiments.
Les hommes admirent la Vertu ; — mais c'est la coquetterie qui les subjugue.
Il est inutile d'épouser son ami, et l'on fait mieux de ne pas épouser son amant.
Tout homme qui cherche de la consolation après la perte de ce qu'il aimait, est déjà plus d'à moitié consolé.
Le premier mouvement est presque toujours ce qui nous détermine, et la plupart de nos actions n'en sont guère que le résultat.
Il est bien difficile de parler quelque temps de son prochain, sans finir par en dire du mal.
Le hasard décide souvent de nos vertus et de nos vices.
Nous ne sommes vraiment philosophes que sur les choses qui nous intéressent peu.
L'homme est fait pour la médiocrité.
La connaissance et la certitude de notre propre faiblesse sont peut-être les deux plus grands obstacles pour la vaincre.
L'ennui habituel est le plus grand des maux ; on peut, avec du courage, se mettre au-dessus des plus grands revers; mais on ne se met point au-dessus de l'ennui.
Par la même raison qu'il arrive souvent aux belles âmes de faire le mal faute d'assez de courage pour faire le bien, il arrive aussi que les âmes basses font le bien parce que la force leur manque pour faire le mal.
Tout le monde se révolte, en apparence, contre le despotisme de ceux qui prétendent donner le ton, et cependant ce sont ceux qui gouvernent le plus sûrement la multitude.
Il faut souvent, pour persuader les hommes, commencer par les séduire.
On ment bien plus par ses actions que par ses paroles.
A mesure qu'on avance en âge, on s'aime davantage, et on aime moins les autres.
On est moins empressé de faire usage d'un pouvoir certain que de celui qui est douteux.
On ne saurait trop payer les besoins, et trop peu la plupart des plaisirs.
On estime les choses et souvent les hommes à proportion de leur inutilité.