Nos filles vendent leur honneur - Au dernier courtaud de boutique.
Un jour on nous a mis dans la rue, maman et moi. Elle disait: c'est les créanciers. Moi, je ne savais pas ce que c'était, je croyais que c'étaient des bêtes. Aujourd'hui je le sais.
C'était un petit crevé, d'assez jolie mais fort insignifiante binette.
Elle était vêtue d'une robe de velours bleu, sous un mantelet de demi-saison.
En 1830, il avait cru de son devoir de priver le gouvernement de sa vaillante lance et s'était retiré à la demi-solde.
Cette famille n'avait jamais perdu l'habitude d'aller cueillir le sélago au clair de lune malgré toutes les fulminations de l'abbé Marcel.
Que peut avoir déjà remarqué cette petite sotte? et de quoi veut-elle faire part à son vieux grigou d'oncle?
Il vaudrait mieux que j'allasse prévenir la justice. Dans ce cas-là, dit avec amertume le jeune vagabond, vous trouverez des magistrats, mais vous ne trouverez pas la justice.
Le moindre bruit qui m'arrive du dehors me fait frissonner; un charretier qui passe en chantant, un orgue de barbarie qui jette au vent sa kyrielle d'airs connus, dont les notes affaiblies viennent jusqu'à mon oreille troublée.
Les religions se dissipent au souffle du vent et nous sommes désormais les seuls maîtres de nos destinées.
Souvent, on m'a demandé d'écrire mes Mémoires; mais toujours j'éprouvais à parler de moi une répugnance pareille à celle qu'on éprouverait à se déshabiller en public. Aujourd'hui, malgré ce sentiment puéril et bizarre, je me résigne à rassembler quelques souvenirs. Je tâcherai qu'ils ne soient pas trop imprégnés de tristesse
Souvent, on m'a demandé d'écrire mes Mémoires; mais toujours j'éprouvais à parler de moi une répugnance pareille à celle qu'on éprouverait à se déshabiller en public.
Œuvres de Louise Michel