Auteur

Jean-Michel Guenassia

Il présenta Phèdre comme une pièce marxiste-léniniste montrant les ravages des sentiments individuels au détriment de l'action collective et les dérèglements antisociaux auxquels peuvent aboutir les passions humaines.
On dit que le temps cicatrise les blessures. Il ne faut pas beaucoup aimer ceux qui sont partis pour les effacer de votre mémoire.
A présent, il n'avait plus aucune certitude à part celle d'être vivant. Pour lui, c'était la seule et unique vérité sur cette terre : tu étais vivant ou tu étais mort. Le reste n'était que croyances ou constructions de l'esprit.
La liberté ne se discute pas, elle ne se marchande pas et ne se divise pas. C'est tout ou rien.
Il y a des livres qu'il devrait être interdit de lire trop tôt. On passe à côté ou au travers. Et les films aussi. On devrait mettre dessus une étiquette : Ne pas voir ou ne pas lire avant d'avoir vécu.
Pour lui, il fallait tuer tous les cons. Quand il disait tuer, ce n'était pas un mot en l'air. Ça voulait dire les éliminer, leur faire la peau pour de vrai. Ça représentait un monde fou à massacrer. Ça ne lui faisait pas peur.
Ce n'est pas l'amour qui est compliqué, c'est nous.
On ne raconte pas aux enfants ce qui s'est passé avant eux. D'abord ils sont trop petits pour comprendre, ensuite ils sont trop grands pour écouter, puis ils n'ont plus le temps, après c'est trop tard. C'est le propre de la vie de famille.
Encore de la patience, il faut être philosophe, me dit-il... C'est donc à cela que sert la philosophie. A se résigner.
Le scandale, ce n'est pas l'exploitation, c'est notre connerie. Ces contraintes qu'on s'impose pour avoir le superflu et l'inutile.
Elle ne manifestait pas l'ombre d'un doute ou d'une hésitation. Son enthousiasme balayait mes certitudes. Les gens cartésiens sont ennuyeux. Sa fantaisie était belle.
J'ai fini par classer les écrivains en deux catégories : ceux qui vous laissaient arriver à temps et ceux qui vous mettaient en retard.
Elle se disait qu'avec les années il finirait par cicatriser, ses blessures s'estomperaient, mais plus il parlait, moins il guérissait. Elle s'était rendu compte qu'il y prenait du plaisir, plus fort que la tristesse et l'amertume.
Les bons menteurs lèvent la tête. Ils ne craignent rien. Les mauvais détournent les yeux. Comme pour se protéger. Il faudra que je m'en souvienne.
C'est l'inconvénient majeur des familles unies. La présence de tous est requise comme preuve du bonheur collectif.
Nos vies ne nous appartiennent pas. D'autres les écrivent pour nous.
Les rêves, la vie, c'est pareil, ou alors, ça vaut pas la peine de vivre. Et puis, qu'est-ce que vous voulez que ça me fasse la vie ? C'est pas la vie que j'aime, c'est vous !
On ne savait pas est un mensonge collectif rassurant.
Il a la mémoire sélective des survivants. Ce qui nous gêne ou ne nous intéresse pas, on l'oublie. On garde ce qui nous sert, sinon on n'a aucune chance de s'en sortir.
Notre mémoire est ainsi faite qu'elle efface les mauvais souvenirs pour ne conserver que les meilleurs.
Comment sait-on que l'on vous aime ? Il (doit) y avoir un signe, une trace.
Comment peut-on se dire adieu quand on s'aime autant ?
Mon Dieu ! pensa Edouard, consterné, mais en lui souriant comme s'il trouvait cette idée merveilleuse, pourquoi les enfants sont-ils si compliqués ?

Œuvres de Jean-Michel Guenassia

La Vie rêvée d'Ernesto G. (2012)Le Club des incorrigibles optimistes (2009)