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Jean-François Ricard, dit Jean-François Revel

Quand on tire une flèche, il ne faut pas oublier quelle est la cible.
A chaque instant nous faisons l'expérience du résultat de nos actes passés et modelons notre avenir par nos pensées, nos paroles et nos actes présents.
Tant que l'on garde sa main dans le feu, il est vain d'espérer échapper à la brûlure.
L'idéal serait d'utiliser judicieusement le progrès matériel, sans qu'il envahisse à la fois nos esprits et nos activités, tout en donnant la priorité au développement intérieur qui fait de nous de meilleurs êtres humains.
Si un prisonnier veut libérer ses compagnons d'infortune, il faut d'abord qu'il brise ses propres chaînes.
Ce qu'on appelle l'après-méditation consiste à éviter de reprendre ses habitudes exactement comme avant.
Si vous trouvez quelque chose d'utile dans ce que je vous ai dit, tirez-en profit, sinon, laissez-le tomber!
«La vérité que j'ai vue est profonde, paisible, inconditionnée, lumineuse, libre des fabrications de l'intellect» a dit le Bouddha après son Eveil.
L'amour du prochain est un point commun à toutes les religions. Cela devrait suffire à reléguer au second plan leurs différences.
Si l'individu ne devient pas pacifique, une société qui est la somme de ces individus ne le deviendra jamais.
Au Bhoutan, la pêche et la chasse sont interdites à l'échelle nationale, bon exemple de la façon dont les idéaux du bouddhisme peuvent s'accomplir au niveau d'une société.
Or, de deux choses l'une: ou il (Dieu) est tout-puissant, et alors il est responsable du Mal, ou il n'est pas tout-puissant, et alors il n'est pas Dieu!
Lorsque l'on suit un chemin de montagne, il en faut peu pour faire un faux pas et dévaler la pente. ... L'idéal est d'être en même temps parfaitement serein et vigilant.
Seulement, ce n'est pas la peine d'éponger le sang d'une plaie si on ne fait rien pour la refermer.
Mais la démocratie, c'est un peu comme une maison vide... Il faut savoir ce que les habitants vont faire dans cette maison: vont-ils l'entretenir, l'embellir ou la laisser s'effondrer petit à petit?
Ce qui est négligé, dans le concept des droits de l'homme, c'est la responsabilité de l'individu vis-à-vis de la société.
L'altruisme ne consiste pas à accomplir quelques bonnes actions de temps à autre, mais à être constamment préoccupé, concerné par le bien-être d'autrui.
La vérité ... a une force intrinsèque, le mensonge n'est qu'une fragile façade qui ne peut être maintenue qu'au prix d'efforts démesurés et voués tôt ou tard à l'échec.
«N'acceptez pas mon enseignement par respect pour moi; examinez-le et redécouvrez-en la vérité» ... « Je vous ai montré le chemin, c'est à vous de le parcourir».
La métaphore est «un doigt pointé vers la lune». C'est la lune qu'il faut regarder, pas le doigt.
Il devient ensuite comme le paysan qui a labouré, semé, veillé aux récoltes. Qu'il y ait ou non des intempéries, il n'a aucun regret, car il a fait de son mieux.
Il consiste à cultiver une sorte de résignation et de sagesse, en se disant que la destruction, la disparition de cette réalité biologique qui est moi, animal parmi les autres animaux, est un événement inéluctable, naturel, et qu'il faut s'y résigner.
Il semble que le problème des devoirs du citoyen intéresse beaucoup moins que celui de ses droits.
Par exemple, la liberté d'expression ne comporte pas l'autorisation d'inciter au meurtre: si je fais un discours Place de la Concorde pour dire qu'il faut aller tuer Mr. et Mme Untel, ce n'est plus de la liberté d'expression.
Ces sédiments de l'inconscient ne sont pas le roc, ils sont plutôt de glace et peuvent fondre sous le soleil de la connaissance.

Œuvres de Jean-François Ricard, dit Jean-François Revel

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