Pour qui jouit seul le plaisir boite.
Auteur
Jean Antoine Petit, dit John Petit-Senn
Les orateurs qui s'emportent sans motifs me rappellent ces navires représentés dans de méchantes gravures, avec toutes les voiles enflées sur une mer unie comme une glace.
L'indécision nuit à tous nos succès; il n'est pas de bon vent pour le marin qui ne sait à quel port il veut aborder.
Il est des affairés sans motifs réels qui se lèvent en sursaut à quatre heures pour planter un clou à midi.
En voyant la joie de certaines gens à dépecer notre réputation, on dirait que leurs vertus s'engraissent de nos vices.
Le mépris dédaigneux que l'on affecte pour ses oeuvres passées est la base sur laquelle on édifie son orgueil présent.
L'amour-propre dilate le milieu où nous vivons et agrandit le tout dont nous faisons partie.
La conscience est comme Tonde; pour voir au fond de toutes deux, il faut du calme.
Nous apprécions mieux les services que nous rendent les autres pour ce qu'ils nous valent que pour ce qu'ils leur coûtent.
Il vaut mieux employer son temps à acquérir du savoir que de le perdre à faire parade de celui qu'on a.
Même en quittant une modeste place, l'homme de mérite laisse un grand vide, car la sphère de son utilité dépasse toujours les limites de son emploi.
Nous nous honorons de l'estime des grands, mais celle des petits nous honore.
Afin de réussir dans ses travaux, il faut s'en exagérer l'importance; l'amour-propre nous aide admirablement à cela.
Ce que les hommes politiques passent le moins au pouvoir, c'est de se passer d'eux.
Un sot dans un poste élevé, comme le filet d'eau dans le lit d'un fleuve, occupe une place sans la remplir.
Il est des gens qui paient leurs dettes comme les Parthes combattaient, en fuyant.
Une brillante fortune est comme un verre grossissant au travers duquel on regarde les qualités et les talents de qui la possède.
Les vertus qu'on nous connait nous donnent moins de considération que l'opulence qu'on nous suppose.
Les célébrités sont presque toujours entourées de nullités; ceux qui aiment à se faire voir se rapprochent de ceux qu'on regarde.
Souvent on ne donne certaines choses aux riches que dans l'espoir d'en tirer un meilleur parti que si on les leur vendait.
Un premier amour donne de l'esprit aux filles, le jeune homme est moins bête au second.
Le mariage est un port dans la tempête; mais plus souvent une tempête dans le port.
Rien ne fait saillir un défaut physique comme les soins qu'on prend et l'embarras qu'on éprouve pour le cacher.
Il y a cette différence entre les échos de nos montagnes et ceux de la Renommée, que les premiers affaiblissent et les seconds renforcent le bruit qu'ils répètent souvent.
Il n'est de préférable au souvenir d'une bonne action que le projet d'en faire une meilleure.