Auteur

Honoré de Balzac

Un homme se façonne à son sort, il accepte la vulgarité de sa vie.
On ne peut se figurer combien les Parisiens sont ignorants et exclusifs; ils ne savent que ce qu'on leur apprend, quand ils veulent l'apprendre.
Pour être quelque chose de grand, il faut savoir commencer par n'être rien.
Chez un jeune homme de vingt ans, l'amour se repaît de dévouement.
L'argent ne connaît personne, il n'a pas d'oreilles, l'argent, il n'a pas de coeur, l'argent.
En commerce, l'occasion est tout.
En France, on ne rit que des choses et des hommes dont on s'occupe, et personne ne s'occupe de ce qui ne réussit point.
Une belle action fait accepter toutes les ignorances possibles.
Les événements ne sont jamais absolus, leurs résultats dépendent entièrement des individus: le malheur est un marche-pied pour le génie, une piscine pour le chrétien, un trésor pour l'homme habile, pour les faibles un abîme.
Une fois que dans le malheur un homme peut se faire un roman d'espérance par une suite de raisonnements plus ou moins justes avec lesquels il bourre son oreiller pour y reposer sa tête, il est souvent sauvé.
Beaucoup de gens ont pris la confiance que donne l'illusion pour de l'énergie. Peut-être l'espoir est-il la moitié du courage.
L'amour qui ne comporte pas une indissoluble amitié me semble un libertinage momentané.
Les gens qui craignent une liaison complète ont sans doute la croyance qu'elle peut finir, et adieu l'illusion!
La passion qui ne se croit pas éternelle est hideuse.
L'argent n'est une puissance que quand il est en quantités disproportionnées.
En toute affaire, les bénéfices sont en proportion avec les risques!
Les lois sont des toiles d'araignée à travers lesquelles passent les grosses mouches et où restent les petites.
La plus grande marque de stérilité spirituelle est l'entassement des faits.
La Nature n'a fait que des bêtes, nous devons les sots à l'Etat social.
Cette changeante déesse, l'opinion publique, dont la tyrannie, un des malheurs de la France, allait s'établir et faire de notre pays une même province.
Le Fait, quelque dommageable qu'il soit aux intérêts, se pardonne à la longue, il s'explique de mille manières; mais l'amour-propre, qui saigne toujours du coup qu'il a reçu, ne pardonne jamais à l'Idée.
Chez l'homme, le Beau n'est qu'une flatteuse exception, une chimère à laquelle il s'efforce de croire.
Les gens de la campagne appliquent le mot de noce à toutes les réjouissances. Boire, se quereller, se battre, manger et rentrer ivre et malade, c'est faire la noce.
C'est toujours quand les femmes ont quelque pensée importante qu'elles disent hypocritement: Je n'ai rien.
Les honnêtes gens n'ont qu'une devise: Fais ce que dois, advienne que pourra!

Œuvres de Honoré de Balzac

Albert Savarus (1842)Appendices, V, 32Autre étude de femmeAutre étude de femme (1839-1842)Avant son agonie.BéatrixBéatrix (1839)Cité par Shoshana Felman dans La Folie et la Chose littéraire.Confidences rapportées par George Sand dans Histoire de ma vie.CorrespondanceCorrespondance, 1819Correspondance, 1846Correspondance, à Hippolyte Castille, 11 octobre 1846César Birotteau (1838)Etude de femme (1831)Eugénie Grandet (1833)Facino Cane (1837)Ferragus, chef des DévorantsGambara (1837)Gobseck (1830)