Auteur

Hippolyte Taine

Une certaine tempérance morale est nécessaire pour que certains talents se développent; si elle manque, ils avortent.
A la première occasioin, le flot accumulé déborde, renversant toutes les digues du devoir et de la loi.
Il en est des types moraux comme des types organiques; à l'origine, ils sortent d'une souche commune, mais plus ils s'achèvent, plus ils s'écartent; c'est qu'ils se font en divergeant.
Au sortir de cette obscurité, la pleine lumière a été pour ses yeux une pluie éblouissante; il l'a sentie comme un flamboiement d'éclair, comme une illumination magique, ou comme une gerbe de dards.
Dans la conduite comme dans la littérature, tout ce qui s'écarte d'un certain modèle est rejeté. Le nombre des actions permises s'est restreint comme le nombre des mots autorisés.
Elle porte sur la tête un savant échafaudage de faux cheveux, de coussins et de noeuds, rattaché par des épingles, couronné par des plumes, et tellement haut que souvent «le menton est à mi-chemin des pieds».
Proposez de démolir le grand édifice social pour le rebâtir sur un plan tout opposé ...
Parmi ces peintres, il en est un qui semble effacer tous les autres; en effet, dans l'histoire de l'art aucun nom n'est plus grand, et il n'y en a que trois ou quatre aussi grands.
Si, à certains égards, eux et moi nous avons changé, à d'autres égards, eux et moi, nous n'avons pas changé.
Aimer, c'est avoir pour but le bonheur d'un autre, se subordonner à lui, s'employer et se dévouer à son bien.
On peut considérer une force d'abord par rapport aux autres, ensuite par rapport à elle-même.
Ce sont des hommes abstraits, qui ne sont d'aucun siècle et d'aucun pays, pures entités écloses sous la baguette métaphysique.
Ici le vice national achève de manifester le talent national. La Grèce est la mère des ergoteurs, des rhéteurs et des sophistes.
D'abord on ignorait l'histoire; l'érudition rebutait parce qu'elle est ennuyeuse et lourde; on dédaignait les doctes compilations, les grands recueils de textes, le lent travail de la critique.
Il se sent esseulé dans une contrée inconnue, livré à des dangers qu'il ignore et auxquels il ne peut parer.
C'est le propre du comique d'étaler aux yeux l'insuffisance humaine.
Un grand changement s'opère au dix-huitième siècle dans la condition du tiers état. Le bourgeois a travaillé, fabriqué, commercé, gagné, épargné, et tous les jours il s'enrichit davantage.
Rien d'étonnant si l'émeute se répand en long et en large aux environs.
Une douzaine de personnes et de scènes évangéliques ou mythologiques ont défrayé toute la grande peinture.
Quand les hommes sont trop malheureux, ils deviennent excitables, comme les malades et les prisonniers.
Rien n'y manque pour aggraver l'émeute, ni les excitations plus vives pour la provoquer, ni les bandes plus nombreuses pour la faire.
La vie présente n'est qu'un exil: tournons nos regards vers la patrie céleste.
Le mal qu'ils firent ne peut pas se peindre: peuples exterminés, monuments détruits, champs dévastés, villes incendiées, industrie, beaux-arts et sciences mutilés, dégradés, oubliés, la crainte.
Une fois posé que l'aristocratie est une plante vénéneuse, il ne suffit pas de l'élaguer, il faut l'extirper, et non seulement couper toutes ses racines, mais écraser toutes ses semences.
Il se copiait et s'exagérait lui-même; la science, le calcul et la routine remplaçaient pour lui la contemplation directe et personnelle des grandes émotions et des actions vaillantes. Il ne créait plus; il fabriquait.

Œuvres de Hippolyte Taine

Correspondance de jeunesseDe l'intelligence (1870)De l'intelligence (1870), PréfaceEssais de critique et d'histoire (1858), PréfaceHistoire de la littérature anglaise (1864)Histoire de la littérature anglaise (1864), IntroductionHistoire de la littérature anglaise (1864), Introduction, VLa Fontaine et ses Fables, PréfaceLes Origines de la France contemporaine (1876-1893)Notes sur l'Angleterre (1872)Philosophie de l'art (1865)Philosophie de l'art (1865), I, 2, 6Vie et Opinions de M. Frédéric-Thomas Graindorge (1867)Vie et Opinions de M. Frédéric-Thomas Graindorge (1867), Notes sur ParisVoyage aux PyrénéesVoyage en Italie (1866)