Auteur

Charles Perrault

Les diamants et les pistoles - Peuvent beaucoup sur les esprits; - Cependant les douces paroles - Ont encore plus de force, et sont d'un plus grand prix.
Dans un objet où la nature - Aura mis de beaux traits et la vive peinture - D'un teint où jamais l'art ne saurait arriver, - Tous, ces dons pourront moins pour rendre un coeur sensible, - Qu'un seul agrément invisible - Que l'Amour y fera trouver.
Quand on est couronné, - On a toujours le nez bien fait.
Bien est donc vrai qu'aux hommes misérables, - Aveugles, imprudents, inquiets, variables, - Pas n'appartient de faire des souhaits, - Et que peu d'entre eux sont capables - De bien user des dons que le Ciel leur a faits.
On voit ici que de jeunes enfants, - Surtout de jeunes filles - Belles, bien faites, et gentilles, - Font très mal d'écouter toute sorte de gens, - Et que ce n'est pas chose étrange, - S'il en est tant que le loup mange.
Votre père, il est vrai, voudrait vous épouser; - Ecouter sa folle demande - Serait une faute bien grande, - Mais sans le contredire on le peut refuser.
Veiller, prévoir, agir avec constance, - Sur nous du ciel attire l'assistance.
Le discours est peu nécessaire - Quand il ne s'agit que de faire.
Si l'homme accommodé n'aide le malheureux, - Ils s'en trouveront mal tous les deux.
Rien n'est plus dangereux que la fière alliance - Du courroux et de la puissance.
Ceux-là seuls pour régner, ont de la passion, - Que possède une folle et vaine ambition.
Il faut, en fait d'amis, éviter la rencontre - De tout homme qui dit et le pour et le contre.
L'avare malheureux n'use pas davantage - Des biens qu'il a que de ceux qu'il n'a point.
Une beauté n'a que de vains appâts - Quand l'esprit ne l'anime pas.
L'homme sanguinaire et brutal - Croit avoir fait du bien, s'il n'a pas fait de mal.
A son profit ce n'est point se connaître, - Que de changer souvent de maître.
Changer la forme d'un empire, - C'est d'un état fâcheux retomber dans un pire.
Changer d'état est chose assez vulgaire; - Mais de changer de moeurs, cela ne se voit guère.
Souvent on cherche avec ardeur - Ce qu'on ne peut trouver que par un grand malheur.
De qui fait et de qui commande - La faute est également grande.
Il était une fois une petite fille de village, la plus jolie qu'on eût su voir; sa mère en était folle, et sa mère-grand plus folle encore.
Le petit Poucet ... croyait retrouver aisément son chemin, par le moyen de son pain qu'il avait semé partout où il avait passé; mais il fut bien surpris lorsqu'il ne put en retrouver une seule miette: les oiseaux étaient venus, qui avaient tout mangé.
Tel veut du monde entier connaître le système, - Qui ne se connaît pas lui-même.
De plaire à tous quiconque ambitionne, - Beaucoup se peine, et ne plaît à personne.
Des grands périls quelquefois on se tire - Par la force de son bien-dire.

Œuvres de Charles Perrault

Contes de ma Mère l'Oye (1697), Cendrillon ou la petite pantoufle de verreContes de ma Mère l'Oye (1697), GriselidisContes de ma Mère l'Oye (1697), La Barbe bleueContes de ma Mère l'Oye (1697), La Belle au bois dormantContes de ma Mère l'Oye (1697), Le Maître Chat ou le Chat bottéContes de ma Mère l'Oye (1697), Le Petit Chaperon rougeContes de ma Mère l'Oye (1697), Le Petit PoucetContes de ma Mère l'Oye (1697), Les FéesContes de ma Mère l'Oye (1697), Les souhaits ridiculesContes de ma Mère l'Oye (1697), Riquet à la houppeContes de ma Mère l'Oye (1697), Riquet à la houppe, MoralitéContes de ma Mère l'Oye, Barbe bleueContes de ma Mère l'Oye, Barbe-BleueContes de ma Mère l'Oye, GriselidisContes de ma Mère l'Oye, Le Maître Chat ou le Chat bottéContes de ma Mère l'Oye, Le Maître Chat ou le Chat botté, MoralitéContes de ma Mère l'Oye, Les FéesContes de ma Mère l'Oye, Riquet à la houppe, MoralitéDialogue de l'amour et de l'amitié (1660), L'amitiéDialogue de l'amour et de l'amitié (1660), L'amour