Auteur

André Gide

J'ai le tempérament le moins batailleur, l'esprit le plus conciliant qui soient; mais devant la mauvaise foi j'ai grand mal à garder mon calme.
O parfums des luzernes séchées, âcres senteurs de la bauge aux pourceaux, de l'écurie ou de l'étable!
Il se montre tel que je l'ai vu toujours, portant beau, soigneux de sa parole.
Décidement rien n'est beau comme la noblesse de l'âme; beau, non, il faudrait dire: sublime.
La complaisance envers autrui n'est pas beaucoup moins ruineuse que celle envers soi-même.
Il était d'une juvénilité exquise; une sorte de bouillonnement intérieur se"couait, on eût dit, le couvercle de sa réserve, dans une sorte de bégaiement passionné qui me paraissait le plus plaisant du monde.
La mère posa la soupe fumante sur la table, et comme à ce moment je parlais, d'un geste discret elle arrêta ma phrase, et le vieux dit le bénédicité.
L'homme ne trouve point sa fin en lui-même mais se subordonne et sacrifie à je ne sais quoi, qui le domine et vit de lui.
Sitôt qu'ils se reposaient de mâcher, le frais qu'ils en avaient tiré se muait en brûlure, comme il advient d'épices ou d'herbes bénéolentes à la saveur poivrée.
On ne bercera jamais assez les enfants, du temps de leur prime jeunesse.
Les remous se font plus puissants et plus vastes; puis le Brabant s'engage dans le «couloir». Les rives deviennent berges et se resserrent.
On sentait chez cette innocente personne peut-être moins de goût pour les arts qu'un grand besoin de gagner sa vie.
Il semblait avoir découvert que le plus sûr moyen de ne jamais dire de bêtises est de ne point parler du tout.
Sans doute il eût été bien simple d'aller droit au fait; mais précisément mon esprit répugne au plus simple et prend irrésistiblement le biais.
Voilà pourquoi je n'ose rien projeter ni promettre et que je ne parviens à rien qu'en biaisant et rusant avec moi-même, le long de quels atermoiements.
Son frère aîné, qui travaillait l'opinion dans un département du Midi, s'était fait blackbouler et reblackbouler aux élections.
Je me suis frileusement blotti dans un peu de tendresse.
Cette petite histoire ne persuadera personne et ne servira qu'à m'enfoncer dans cette conviction: que l'on se blouse tout aussi souvent par excès de défiance que par excès de crédulité.
De part en part il n'y a que rhétorique et bluff dans cet homme-là.
Les domestiques profitent de l'absence des maîtres pour faire bombance; ils fouillent dans tous les placards; ils se gobergent.
J'espère que toute cette affaire va s'en aller en eau de boudin, être étouffée après quelques avertissements et sanctions sans esclandre.
On le sentait très fort, sous le boudinement de ses petites jaquettes; ses pantalons paraissaient toujours trop étroits.
Je parviens à jouer passablement les deux premiers morceaux d'Ibéria, qui sont bougrement difficiles.
Force est de reconnaître qu'en ce temps l'aspect de la campagne n'était nullement rassurant. Entre les bourgades dispersées s'étendaient de grands espaces incultes, traversés de routes peu sûres.
Ce que nous appelons mouvements du coeur n'est que le bousculement irraisonnable de nos pensées.

Œuvres de André Gide

Ainsi soit-ilAinsi soit-il (1952)Ainsi soit-il (Dernières lignes écrites par Gide)Ainsi soit-il ou Les Jeux sont faits (1952)AjaxAttendu que...Caractères (1925)Carnets d'EgypteConférence prononcée à Beyrouth en 1946Correspondance avec Francis JammesCorrespondance, Gide - Martin du GardCorrespondance, à André Rouveyre, 31 octobre 1924Correspondance, à François Mauriac.CorydonCorydon (1920)Corydon (1920), PréfaceDe l'influence en littérature (1900)DiversDivers (1931), CaractèresDivers (1931), Un esprit non prévenu