… Un bon syllogisme n’a jamais convaincu personne.
Entretien sur des faits divers (1930)
Citations de Jean Paulhan
Jean Paulhan
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Je lui offris mes citations préférées, comme des confiseries cuisinées, façonnées et préparées pour la dégustation.
[ Janet Frame ]
Cochonfucius
30 mai 2009 à 9:00
Sauf parfois son auteur.
dicocitations
30 mai 2009 à 9:30
M. Eugène Ionesco ayant été élu à l’Académie française à la place laissée vacante par la mort de M. Jean Paulhan, y est venu prendre séance le jeudi 25 février 1971, et a prononcé le discours de réception
Un petit extrait.
Tous les mots sont en danger de devenir synonymes », disait-il, ou « bien malin qui distingue encore le vrai du bien, le beau du juste ». Mais en même temps, disait-il encore, « on n’écrit pas pour être élégant et spirituel, on n’écrit pas pour avoir des raisons, ni même pour avoir raison, ni pour donner un aspect plausible à des thèses évidemment fausses », on écrit « pour comprendre, on écrit pour être sauvé ». Il a toujours eu tendance à aller à l’encontre de la vérité admise ou de la routine qui nous empêche de voir le monde ; sans doute, pensait-il qu’il y avait deux ou plusieurs vérités, ce qui convenait à son esprit. Il prenait le contre-pied de toute affirmation. C’est pour cela, d’ailleurs, qu’il décrit la réalité comme si c’était un rêve et le rêve comme si c’était la réalité. Il affirmait, ainsi, que la vieillesse est délicieuse, que la guerre est passionnante, que les justiciers sont injustes ou n’ont pas le droit de faire justice, que la mort est bonne et même que c’était une extase, que l’armée est une organisation parfaite (alors que tout le monde de son milieu et les officiers eux-mêmes la déclaraient mauvaise), il disait que les grandes personnes deviennent jeunes, que les hommes ne vieillissent pas, au contraire, qu’un bon syllogisme n’a jamais convaincu personne ; il dénonçait les erreurs : par exemple, celle qui dit que notre esprit et nos sentiments deviennent moins vifs à l’usage. En effet, pour lui, la vérité était la somme de vérités contraires. Il se méfiait de toute affirmation définitive. On peut dire, aussi, que Jean Paulhan ne courait pas après son temps, mais s’y opposait, courageusement, ou qu’il le créait.
dicocitations
30 mai 2009 à 9:34
Extrait de Lalie de Jean Paulhan
Lalie entend monter d’abord le bruit rongeur d’une source, puis une feuille sèche que le même vent balance continuellement, comme un soupir » ; et : « Quel puits surprenant, dit-elle, où je me vois dans l’obscurité. Une dame-de-puits grimpe d’une poutre à l’autre. Elle est brune et noire et pas plus grande que Lalie, elle a des bras… triangulaires. D’où venez-vous ? demande Lalie. Mais elle répond dans une langue inconnue. Alors Lalie se tait et la dame essuie de la main les cheveux qu’elle a verdis aux poutres. Mais son autre main pend vers le puits. Elle la tire à elle, et Lalie voit que cette main entraîne une seconde dame-de-puits. Toutes deux s’asseyent sur la barre horizontale mais le bras de la dernière venue se tend encore vers le puits. Lalie, qui s’est écartée, les regarde. Certes, les dames-de-puits lui ressemblent, sauf leur couleur noire. L’une d’elles, qui saute et retombe au pied de la hutte, prend dans sa main la main de Lalie et la caresse contre ses yeux et son front. Puis elle rend la main et Lalie surprise s’écarte encore. Alors la dame-de-puits court vers la mare et la seconde la suit. Une troisième vient après elles ; sur la barre du puits, Lalie voit se presser vingt figures sombres, qui, toutes, lui ressemblent.
La mare a une couleur de lune et de lait. Avec l’ombre des trois arbres, elle garde quelques touffes de joncs : et deux étoiles y brillent jusqu’au moment où, les éteignent, en se plongeant dans l’eau, les dames-de-puits.
dicocitations
30 mai 2009 à 9:46
Terme de logique. Argument composé de trois propositions telles que la conséquence est contenue dans une des deux premières, et l'autre fait voir qu'elle y est contenue ; ces trois propositions s'appellent la majeure, qui contient l'attribut de la conséquence ; la mineure, qui en contient le sujet ; et la conséquence ou conclusion. Sais-tu bien ce que tu as fait ? un syllogisme in balordo.
Jean Paulhan s'oppose à la vérité admise affirmant qu'il y a plusieurs vérités, qu'elle la somme de vérités contraires, se méfiant de toute affirmation définitive.