Pour faire pleurer les gens, vous devez pleurer vous-mêmes. Si vous voulez les faire rire, vous devez garder un visage sérieux.
Citations de Giacomo Giovanni Girolamo Casanova
Giacomo Giovanni Girolamo Casanova
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Je lui offris mes citations préférées, comme des confiseries cuisinées, façonnées et préparées pour la dégustation.
[ Janet Frame ]
dicocitations
15 avril 2010 à 8:49
[D’après Horace.] Le vrai moyen de faire pleurer est de pleurer ; mais il faut avoir la douleur peinte sur une physionomie qui ait la force d’émouvoir sans faire des grimaces[.]
* (fr) Ce fut dans la nuit du jeudi saint que j’ai composé l’ode [sur la mort de Notre Seigneur Jésus-Christ] que j’ai récitée le lendemain à l’assemblée des Inféconds, où j’ai vu le cardinal de Bernis et le cardinal J.-Baptiste Rezzonico qui me pria de lui donner copie de mon ode, que j’ai récitée par cœur, versant un torrent de larmes. Tous les académiciens pleuraient. Le vrai moyen de faire pleurer est de pleurer ; mais il faut avoir la douleur peinte sur une physionomie qui ait la force d’émouvoir sans faire des grimaces ; je l’avais, et les vers me donnaient et me donnent encore le caractère de la matière qu’ils traitent. Le cardinal de Bernis, qui connaissait ma façon de penser, me dit quatre jours après, qu’il ne m’avait jamais cru si grand comédien. Je lui ai juré que, dans ce moment-là, je me suis trouvé vrai, et, après y avoir un peu pensé, il convint que cela pouvait être.
* Texte inédit du « chapitre IV et V »[6]. Casanova paraphrase Horace, repris par Malipiero et Voltaire[1]. Sur les pleurs : cf. citation similaire du t. I, vol. 2, chap. IV, p. 313↑.
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Histoire de ma vie, Giacomo Casanova, éd. Robert Laffont, 1993, t. III, vol. 12, chap. IV/V, p. 934
dicocitations
15 avril 2010 à 8:50
« Pour faire pleurer il faut pleurer » : ailleurs dans les Mémoires, Casanova montre Voltaire professant cette moitié du principe de Malipiero en 1760 (t. II, vol. 6, chap. IX, p. 391, et surtout chap. X, p. 408). Tous le tirent sans doute du fameux Si vis me flere d’Horace (que Casanova ne mentionne étrangement pas à Voltaire, dans le même temps qu’il rappelle savoir Horace par cœur) : « Si vis me flere, dolendum est primum ipsi tibi » (Horace, Épître aux Pisons alias Art poétique, v. 102-103), « Si vous voulez que je pleure, pleurez d’abord vous-même » (trad. en prose de De Guerle, éd. Panckoucke, 1832).