305552 commentaireshttp%3A%2F%2Fwww.dico-citations.com%2Fle-po-te-est-un-mensonge-qui-dit-toujours-la-v-rit-cocteau-jean%2FLe+po%C3%A8te+est+un+mensonge+qui+dit+toujours+la+v%C3%A9rit%C3%A9.+Cocteau+Jean2009-03-11+13%3A45%3A41dicocitationshttp%3A%2F%2Fwww.dico-citations.com%2Fle-po-te-est-un-mensonge-qui-dit-toujours-la-v-rit-cocteau-jean à “Le poète est un mensonge qui dit toujours la vérité. Cocteau Jean”
Mon sang est devenu de l'encre. Il fallait empêcher cette dégoûtation à tout prix. Je suis empoisonné jusqu'à l'os. Je chantais dans le noir et maintenant c'est cette chanson qui me fait peur. Mieux encore : je suis lépreux. Connaissez-vous ces taches de moisissure qui simulent un profil ? Je ne sais quel charme de la lèpre trompe le monde et l'autorise
à m'embrasser. Tant pis pour lui ! Les suites ne me regardent pas. Je n'ai jamais exposé que des plaies. On parle de fantaisie gracieuse : c'est ma faute. Il est fou de s'exposer inutilement.
Mon désordre s'empile jusqu'au ciel. Ceux que j'aimais étaient reliés au ciel par un élastique. Je tournais la tête… ils n'étaient plus là.
Le matin je me penche, je me penche et je me laisse tomber. Je tombe de fatigue, de douleur, de sommeil. Je suis inculte, nul. Je ne connais aucun chiffre, aucune date, aucun nom de fleuve, aucune langue, vivante ou morte. J'ai zéro en histoire et en géographie. Sans quelques miracles on me chasserait. En outre j'ai volé ses papiers à un certain J.C. né à M.L., le…, mort à 18 ans, après une brillante carrière poétique.
Cette chevelure, ce système nerveux mal plantés, cette France, cette terre, ne sont pas à moi. Ils me dégoûtent. Je les ôte la nuit en rêve.
J'ai lâché le paquet. Qu'on m'enferme, qu'on me lynche. Comprenne qui pourra : Je suis un mensonge qui dit toujours la vérité
Cochonfucius
16 mars 2011 à 1:27
Comme font les fables.
citation
16 mars 2011 à 4:19
Le Paquet Rouge de Jean Cocteau
Mon sang est devenu de l'encre. Il fallait empêcher cette dégoûtation à tout prix. Je suis empoisonné jusqu'à l'os. Je chantais dans le noir et maintenant c'est cette chanson qui me fait peur. Mieux encore : je suis lépreux. Connaissez-vous ces taches de moisissure qui simulent un profil ? Je ne sais quel charme de la lèpre trompe le monde et l'autorise
à m'embrasser. Tant pis pour lui ! Les suites ne me regardent pas. Je n'ai jamais exposé que des plaies. On parle de fantaisie gracieuse : c'est ma faute. Il est fou de s'exposer inutilement.
Mon désordre s'empile jusqu'au ciel. Ceux que j'aimais étaient reliés au ciel par un élastique. Je tournais la tête… ils n'étaient plus là.
Le matin je me penche, je me penche et je me laisse tomber. Je tombe de fatigue, de douleur, de sommeil. Je suis inculte, nul. Je ne connais aucun chiffre, aucune date, aucun nom de fleuve, aucune langue, vivante ou morte. J'ai zéro en histoire et en géographie. Sans quelques miracles on me chasserait. En outre j'ai volé ses papiers à un certain J.C. né à M.L., le…, mort à 18 ans, après une brillante carrière poétique.
Cette chevelure, ce système nerveux mal plantés, cette France, cette terre, ne sont pas à moi. Ils me dégoûtent. Je les ôte la nuit en rêve.
J'ai lâché le paquet. Qu'on m'enferme, qu'on me lynche. Comprenne qui pourra : Je suis un mensonge qui dit toujours la vérité
Jean Cocteau ("Opéra" – Editions Gallimard)