La Vouivre à plat ventre sur un tas de roseaux, en train de prendre le soleil à cul nu et sa robe à côté d’elle avec son rubis, oui bien.
La Vouivre (1942)
Citations de Marcel Aymé
Marcel Aymé
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Je lui offris mes citations préférées, comme des confiseries cuisinées, façonnées et préparées pour la dégustation.
[ Janet Frame ]
Cochonfucius
20 novembre 2009 à 5:43
… à cul nu, quel manque de “savoir-vouivre”…
Cochonfucius
18 mars 2011 à 4:37
Une leçon de savoir-vouivre !
dicocitations
18 mars 2011 à 9:22
La Vouivre est peut-être la plus célèbre des légendes de Franche-Comté . Elle est mentionnée dans tous les ouvrages des folkloristes comtois, qui attestent qu’elle était au XIXe siècle fortement ancrée dans les croyances populaires et largement répandue ; elle a été retenue par tous les auteurs de recueils de contes et légendes ; elle n’a cessé d’inspirer les romanciers, les poètes et les artistes
Vouivre est tout simplement issu du latin vipera : la vipère, le serpent
La Vouivre est un roman de Marcel Aymé paru en 1941.
Tiré d'une ancienne légende de Franche-Comté, le personnage mythique de la Vouivre apparaît sous les traits d'une jeune sauvageonne, arborant sur sa tête un diadème ceint d'un énorme rubis, objet de convoitise dans toute la région
Mais la Vouivre est toujours protégée du vol par une armée de serpents surgissant au moment où l'on s'avise de dérober le bijou, et qui mettant le voleur en pièces.
Arsène Muselier, personnage principal de l'ouvrage, découvre la Vouivre alors qu'il fauche un des prés de la famille Muselier (qui se trouve en froid avec sa lointaine parente, la famille Mindeur voisine). Alors qu'Arsène approchait un étang proche du près, il aperçoit la Vouivre se baignant nue, et ayant laissé ses bijoux et vêtements sur le bord de la rivière. Arsène voit le rubis, mais est plus intrigué encore par la baigneuse, ce qui séduit la Vouivre, plus habituée à être poursuivie pour ses richesses que pour sa beauté. La Vouivre et Arsène iront alors jusqu'à tisser certains liens amicaux, se rencontrant plusieurs fois lors du récit, discutant sans craintes ni ambages, comme au marché de Dole, où il la retrouvera habillée en citadine élégante, ou jusque lors de ses travaux aux champs.
Animal fantastique et légendaire (3), la Vouivre est insaisissable, aussi changeante dans sa forme et dans ses mœurs que l’inconscient des peuples et l’imagination des conteurs sans lesquels elle n’a pas d’existence. On peut cependant retenir quelques traits caractéristiques, permanents, qui forment comme le noyau de la légende.
Description
La Vouivre (4), conformément à l’étymologie du mot, est un serpent. Sa taille est variable : de quelques dizaines de centimètres à plusieurs mètres de longueur. Rarement pourvue de pattes, elle possède toujours deux grandes ailes de chauve-souris qui lui permettent de voler. Mais ce qui la caractérise surtout, c’est qu’elle porte au front ,soit dans une cavité du crâne, soit à l’extrémité d’une sorte d’antenne griffue, une énorme pierre précieuse d’une valeur inestimable, le plus souvent un rubis, appelé “escarboucle”, parfois un diamant, et d’un éclat tel que lorsque la Vouivre vole, la nuit, elle laisse derrière elle comme une traînée de feu. Elle dépose cette escarboucle sur la rive, qu’elle cache dans la mousse, une touffe d’herbe, ou sous une pierre, avant de boire ou de se baigner ; c’est à ce moment-là seulement qu’on a des chances de s’en emparer : alors la fortune de l’audacieux est faite. Mais si la Vouivre surprend le voleur, sa vengeance est terrible.
dicocitations
18 mars 2011 à 9:22
Mœurs
La Vouivre passe la plus grande partie de son temps sous terre. Son repaire peut être un trou qui s’ouvre à même le sol, une caverne au flanc d’une falaise, ou le souterrain d’un château en ruines. Mais elle fréquente aussi les milieux aquatiques : rivière tranquille miroitant sous les feuillages, étang paisible au milieu d’un bois, source courant sous la mousse ou s’étalant dans un bassin de pierre, parfois même fontaine en plein cœur d’un village. C’est là qu’elle va boire ou se baigner. La vouivre apprécie les lieux peu habités comme les marais, les grottes : Courgenay (5) est un exemple significatif.
La Vouivre n’est pas un animal vagabond. Elle a ses habitudes. Ses déplacements se limitent le plus souvent à se rendre de son repaire au lieu propice à ses ébats aquatiques. Parfois, elle vole d’un donjon ruiné à un autre, ou tournoie au-dessus d’un clocher, ou se laisse aller un temps au fil de l’eau. Ses sorties sont régulières. C’est tous les soirs qu’elle surgit, à heure fixe, pour aller se désaltérer. Exceptionnellement, le cycle peut être plus long. Ainsi, à Avoudrey, c’est chaque année, à Noël seulement, qu’on a des chances de l’apercevoir ; à Mouthier, c’est plus précisément encore, ce soir-là, au onzième coup de minuit.
Tant qu’on ne la provoque pas, la Vouivre n’est pas un animal dangereux. Obéissant, comme une belle mécanique, aux impulsions de sa nature, elle reste indifférente au monde des humains. Mais si l’on tente de s’emparer de son escarboucle, la bête devient soudain furieuse, fond sur l’imprudent et s’acharne sur lui avec une telle férocité qu’il est bientôt mis en pièces.