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	<title>Commentaires sur : La nécessité ne connaît pas de loi. Augustin Saint</title>
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	<description>Il faudrait laisser des livres partout. A un moment ou à un autre quelqu'un les ouvrira sans doute. Et faire de même avec la poésie: laisser des poèmes partout, puisque quelqu'un les reconnaîtra sûrement un jour. [  Roberto Juarroz ]</description>
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		<title>Par : dicocitations</title>
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		<dc:creator>dicocitations</dc:creator>
		<pubDate>Thu, 11 Nov 2010 08:33:49 +0000</pubDate>
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		<description>Sur la torture 
 
Des hommes jugent, qui ne peuvent voir la conscience de ceux qu&#039;ils jugent. Aussi la torture interroge souvent d&#039;innocents t&#233;moins sur la v&#233;rit&#233; relative &#224; une cause qui leur est &#233;trang&#232;re. Que dirai-je de cette torture m&#234;me que chacun subit pour sa propre cause ? On demande &#224; un homme s&#039;il est coupable, et on le met au supplice; et l&#039;innocent, pour un crime incertain, souffre une peine trop certaine; non que l&#039;on d&#233;couvre qu&#039;il a commis le crime, mais l&#039;on ignore s&#039;il ne l&#039;a pas commis! Et pourtant l&#039;ignorance du juge est d&#039;ordinaire le malheur de l&#039;innocent. Et ce qui est plus odieux encore, ce dont on ne saurait trop g&#233;mir, erreur qu&#039;il faudrait, s&#039;il &#233;tait possible, baigner dans des torrents de larmes, un juge torture un accus&#233; de peur de faire mourir un innocent par ignorance, et cette malheureuse ignorance donne la torture et la mort &#224; l&#039;innocent qu&#039;elle a torture pour ne pas le faire mourir innocent. Si en effet, selon la sagesse de ces philosophes, il pr&#233;f&#232;re sortir de cette vie que de souffrir plus longtemps ces tortures, il d&#233;clare avoir commis le crime qu&#039;il n&#039;a pas commis. Il est condamn&#233;, il est mis a mort, et le juge ignore s&#039;il a frapp&#233; un coupable ou un innocent; et cependant, de peur de le frapper innocent, le juge l&#039;a mis &#224; la torture; et voil&#224; un innocent que le juge, pour &#233;clairer son ignorance, met &#224; la torture, et que dans son ignorance il tue ! 
 
    * (la) Quando quidem hi judicant, qui conscientias eorum, de quibus judicant, cernere nequeunt. Unde s&#230;pe coguntur tormentis innocentium testium ad alienam causam pertinentem qu&#230;rere veritatem. Quid cum in sua causa quisque torquetur et, cum qu&#230;ritur utrum sit nocens, cruciatur et innocens luit pro incerto scelere certissimas p&#339;nas, non quia illud commisisse detegitur, sed quia non commisisse nescitur? Ac per hoc ignorantia judicis plerumque est calamitas innocentis. Et quod est intolerabilius magisque plangendum rigandumque, si fieri possit, fontibus lacrimarum, cum propterea judex torqueat accusatum, ne occidat nesciens innocentem, fit per ignoranti&#230; miseriam, ut et tortum et innocentem occidat, quem ne innocentem occideret torserat. Si enim secundum istorum sapientiam elegerit ex hac vita fugere quam diutius illa sustinere tormenta; quod non commisit, commisisse se dicit. Quo damnato et occiso, utrum nocentem an innocentem judex occiderit, adhuc nescit, quem ne innocentem nesciens occideret torsit; ac per hoc innocentem et ut sciret torsit, et dum nesciret occidit. 
 
    * Augustin d&#039;Hippone (trad. L. Moreau), De civitate Dei (De la cit&#233; de Dieu), livre XIX, &#167;. 6 : La Cit&#233; de Dieu de Saint Augustin, t. 3, Jacques Lecoffre et Cie, Paris, 1854, p. 215-216. 
 
 
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<p>Des hommes jugent, qui ne peuvent voir la conscience de ceux qu&#039;ils jugent. Aussi la torture interroge souvent d&#039;innocents t&eacute;moins sur la v&eacute;rit&eacute; relative &agrave; une cause qui leur est &eacute;trang&egrave;re. Que dirai-je de cette torture m&ecirc;me que chacun subit pour sa propre cause ? On demande &agrave; un homme s&#039;il est coupable, et on le met au supplice; et l&#039;innocent, pour un crime incertain, souffre une peine trop certaine; non que l&#039;on d&eacute;couvre qu&#039;il a commis le crime, mais l&#039;on ignore s&#039;il ne l&#039;a pas commis! Et pourtant l&#039;ignorance du juge est d&#039;ordinaire le malheur de l&#039;innocent. Et ce qui est plus odieux encore, ce dont on ne saurait trop g&eacute;mir, erreur qu&#039;il faudrait, s&#039;il &eacute;tait possible, baigner dans des torrents de larmes, un juge torture un accus&eacute; de peur de faire mourir un innocent par ignorance, et cette malheureuse ignorance donne la torture et la mort &agrave; l&#039;innocent qu&#039;elle a torture pour ne pas le faire mourir innocent. Si en effet, selon la sagesse de ces philosophes, il pr&eacute;f&egrave;re sortir de cette vie que de souffrir plus longtemps ces tortures, il d&eacute;clare avoir commis le crime qu&#039;il n&#039;a pas commis. Il est condamn&eacute;, il est mis a mort, et le juge ignore s&#039;il a frapp&eacute; un coupable ou un innocent; et cependant, de peur de le frapper innocent, le juge l&#039;a mis &agrave; la torture; et voil&agrave; un innocent que le juge, pour &eacute;clairer son ignorance, met &agrave; la torture, et que dans son ignorance il tue ! </p>
<p>    * (la) Quando quidem hi judicant, qui conscientias eorum, de quibus judicant, cernere nequeunt. Unde s&aelig;pe coguntur tormentis innocentium testium ad alienam causam pertinentem qu&aelig;rere veritatem. Quid cum in sua causa quisque torquetur et, cum qu&aelig;ritur utrum sit nocens, cruciatur et innocens luit pro incerto scelere certissimas p&oelig;nas, non quia illud commisisse detegitur, sed quia non commisisse nescitur? Ac per hoc ignorantia judicis plerumque est calamitas innocentis. Et quod est intolerabilius magisque plangendum rigandumque, si fieri possit, fontibus lacrimarum, cum propterea judex torqueat accusatum, ne occidat nesciens innocentem, fit per ignoranti&aelig; miseriam, ut et tortum et innocentem occidat, quem ne innocentem occideret torserat. Si enim secundum istorum sapientiam elegerit ex hac vita fugere quam diutius illa sustinere tormenta; quod non commisit, commisisse se dicit. Quo damnato et occiso, utrum nocentem an innocentem judex occiderit, adhuc nescit, quem ne innocentem nesciens occideret torsit; ac per hoc innocentem et ut sciret torsit, et dum nesciret occidit. </p>
<p>    * Augustin d&#039;Hippone (trad. L. Moreau), De civitate Dei (De la cit&eacute; de Dieu), livre XIX, &sect;. 6 : La Cit&eacute; de Dieu de Saint Augustin, t. 3, Jacques Lecoffre et Cie, Paris, 1854, p. 215-216.</p>
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