(La locomotive) semblait se reposer, comme un homme qui est venu fumer sa pipe dans l’allée d’un parc.
Enfantines (1918), La grande époque
Citations de Valéry Larbaud
Valéry Larbaud
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Envoyer à un amiJe lui offris mes citations préférées, comme des confiseries cuisinées, façonnées et préparées pour la dégustation.
[ Janet Frame ]
dicocitations
12 juin 2010 à 10:07
A. O. Barnabooth – Poésies ~ Musique après une lecture
written by Valery Larbaud
1913
Assez de mots, assez de phrases ! ô vie réelle,
Sans art et sans métaphores, sois à moi.
Viens dans mes bras, sur mes genoux,
Viens dans mon cœur, viens dans mes vers, ma vie.
Je te vois devant moi, ouverte, interminable,
Comme une rue du Sud béni, étroite et chaude,
Et tortueuse entre des maisons très hautes, dont les faîtes
Trempent dans le ciel du soir, heurtés
Par des chauves-souris mou-volantes ;
Rue, comme un grand corridor parfumé
D'un Barrio del Mar dont la mer est en effet voisine,
Et où, dans la nuit calme, tout à l'heure,
Les serenos psalmodieront les heures…
Mais, ma vie, c'est toujours cette nuit à la veille
Du jour de Saint-Joseph, quand des musiciens,
Des guitares sous leurs capes, donnent des sérénades :
On entendra, jusqu'au sommeil très doux, le bruit
Plus doux encore que le sommeil, des cordes et du bois,
Si tremblant, si joyeux, si attendrissant et si timide,
Que si seulement je chante
Toutes les Pepitas vont danser dans leur lits.
Mais non !
Mon chant entecoupé de cris ! mon chant à moi !
(Ce n'est pas toi, Amérique, tes cataractes, tes forêts
Où frémit la venue du printemps, ce n'est pas toi,
Grand silence des Andes prodigieux et solitaires,
Ce n'est pas vous, non, qui remplissez ce cœur
D'une harmonie indescriptible, où de mêlent
Une joie féroce et des sanglots d'orgueil !…)
Oh ! que j'aille dans les lieux inhabités, loin des livres,
Et que j'y laisse rire et hurler
La bête lyrique qui bondit dans mon sein !
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