La barque de Caron va toujours aux enfers. Il n’y a pas de nautonier du bonheur.
L’Eau et les Rêves (1942)
Citations de Gaston Bachelard
Gaston Bachelard
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Je lui offris mes citations préférées, comme des confiseries cuisinées, façonnées et préparées pour la dégustation.
[ Janet Frame ]
dicocitations
7 novembre 2009 à 9:42
C'est en se tenant assez longtemps à la surface irisée que nous comprendrons le prix de la profondeur.
*
L'Eau et les Rêves, Gaston Bachelard, éd. José Corti, 1942, p. 16
Cochonfucius
8 novembre 2009 à 10:37
Une créature posée sur le fond, et qui ne regarde pas vers la surface, ne voit certes pas la profondeur, pas plus que nous ne distinguons celle de l'atmosphère.
dicocitations
8 novembre 2009 à 5:59
Définition du mot : Nautonier
Etymologie : Dérivé de l'ancien franç. noton (Parmi la mer salée, sans sigle et sans noton, Ch. d'Ant. VII, 760), qui vient du latin nauta, contraction de navita, marinier, de navis, nef (voy. ).
Celui, celle qui conduit un navire.
Tel à peine échappé des fureurs de l'orage, Le nautonier pâlit en contant son naufrage
Imagin. II
Citation de Jacques Delille (souvent appelé l'abbé Delille)
dicocitations
8 novembre 2009 à 6:00
Vers 1770, il revient en Auvergne dans son village, cher à son cœur, et plus tard il écrit :
Mais ce qui fait des lieux la plus sûre puissance,
Ah! nous l'éprouvons tous, c'est la reconnaissance ;
C'est le tendre regret, dont les charmes flatteurs
Font des lieux nos amis, en font nos bienfaiteurs :
Pareils à ces esprits, à ces légères ombres,
Qui, sitôt que la nuit étend ses voiles sombres,
Visitent, nous dit-on, leur antique séjour ;
Ainsi les souvenirs, les regrets et l'amour,
Et la mélancolique et douce rêverie,
Reviennent vers les lieux chers à l'âme attendrie,
Où nous fûmes enfants, amants, aimés, heureux ;
Après le sol natal, toujours chers à nos yeux,
S'ils n'ont pas tout l'attrait de la terre chérie
Où, commença pour nous l'aurore de la vie,
Ils rappellent cet âge, où notre âme et nos sens
Par degrés essayaient leurs organes naissants.
Je l'éprouvai moi-même. Après vingt ans d'absence,
De retour au hameau qu'habita mon enfance,
Dieux ! avec quel transport je reconnus sa tour,
Son moulin, sa cascade, et les prés d'alentour !
Ce ruisseau dont mes jeux tyrannisaient les ondes
Rebelles comme moi, comme moi vagabondes ;
Ce jardin, ce verger, dont ma furtive main
Cueillait les fruits amers, plus doux par le larcin,
Et l'humble presbytère, et l'église sans faste ;
Et cet étroit réduit que j'avais cru si vaste,
Où, fuyant le bâton de l'aveugle au long bras,
Je me glissais sans bruit, et ne respirais pas ;
Et jusqu'à cette niche, où ma frayeur secrète
A l'œil de l'ennemi dérobait ma retraite,
Où sur le sein d'Églé, qui partageait ma peur,
Un précoce plaisir faisait battre mon cœur !
O village charmant ! ô riantes demeures,
Où, comme ton ruisseau, coulaient mes douces heures !
Dont les bois et les prés, et les aspects touchants,
Peut-être ont fait de moi le poète des champs !
Adieu, doux Chanonat, adieu, frais paysages !
Il semble qu'un autre air parfume vos rivages ;
Il semble que leur vue ait ranimé mes sens,
M'ait redonné la joie, et rendu mon printemps.
…Cette clôture même où l'enfance captive,
Prête aux tristes leçons une oreille craintive,
Qui de nous peut la voir sans quelque émotion ?
Ah! c'est là que l'étude ébaucha ma raison ;
Là, je goûtai des arts les premières délices ;
Là, mon corps se formait par de doux exercices.
Ne vois-je point l'espace où, dans l'air s'élançant,
S'élevait, retombait le ballon bondissant ?
Ici, sans cesse allant, revenant sur ma trace,
Je murmurais les vers de Virgile et d'Horace.
Là, nos voix pour prier venaient se réunir ;
Plus loin … Ah! mon cœur bat à ce seul souvenir !
Jacques Delille : L’imagination, Chant IV, « Impression des lieux »
dicocitations
13 juin 2011 à 2:20
Chanson populaire la barque à Caron
— « Ah ! que l'amour est agréable,
Il est de toutes les saisons ;
Un bon bourgeois, dans sa maison,
Le dos au feu, le ventre à table,
Un bon bourgeois, dans sa maison,
Caresse sa jeune tendron. »
My recent post François-René de Chateaubriand – Mémoires d’outre-tombe