L’art ne fait que des vers, le coeur seul est poète.
Elégies
Citations de André Chénier
André Chénier



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Un commentaire à “L’art ne fait que des vers: le coeur seul est poète. Chénier André”

  1. dicocitations
    7 novembre 2010 à 10:21

    Iambes

    Comme un dernier rayon, comme un dernier zéphyr
    Animent la fin d'un beau jour
    Au pied de l'échafaud j'essaye encor ma lyre.
    Peut-être est-ce bientôt mon tour.
    Peut-être avant que l'heure en cercle promenée
    Ait posé sur l'émail brillant,
    Dans les soixante pas où sa route est bornée,
    Son pied sonore et vigilant;
    Le sommeil du tombeau pressera ma paupière.
    Avant que de ses deux moitiés
    Ces vers que je commence ait atteint la dernière.
    Peut-être en ces murs effrayés
    Le messager de mort, noir recruteur des ombres,
    Escorté d'infâmes soldats,
    Ébranlant de mon nom ces longs corridors sombres,
    Ou seul dans la foule à grands pas
    J'erre, aiguisant ces dards persécuteurs du crime,
    Du juste trop faibles soutiens,
    Sur mes lèvres soudain va suspendre la rime;
    Et chargeant mes bras de liens,
    Me traîner, amassant en foule à mon passage
    Mes tristes compagnons reclus,
    Qui connaissaient avant tous l'affreux message,
    Mais qui ne me connaissent plus.
    Eh bien! J'ai trop vécu. Quelle franchise auguste.
    De mâle constance et d'honneur.
    Quels exemples sacrés, doux à l'âme du juste,
    Pour lui quelle ombre de bonheur,
    Quelle Thémis terrible aux têtes criminelles,
    Quels pleurs d'une noble pitié,
    Des antiques bienfaits quels souvenirs fidèles,
    Quels beaux échanges d'amitié,
    Font digne de regrets l'habitacle des hommes?
    La peur fugitive est leur Dieu,
    La bassesse, la feinte. Ah! Lâches que nous sommes
    Tous, oui, tous. Adieu, terre, adieu.
    Vienne, vienne la mort! Que la mort me délivre!
    Ainsi donc à mon coeur abattu
    Cède aux poids de ses maux? Non, non. Puisse-je vivre!
    Ma vie importe à la vertu.
    Car l'honnête homme enfin, victime de l'outrage,
    Dans les cachots, près du cercueil,
    Relève plus altier son front et son langage,
    Brillants d'un généreux orgueil.
    S'il est écrit aux cieux que jamais une épée
    N'étincellera dans mes mains;
    Dans l'encre et l'amertume une autre arme trempée
    Peut encor servir les humains.
    Justice. Vérité, si ma main, si ma bouche,
    Si mes pensées les plus secrets
    Ne froncèrent jamais votre sourcil farouche,
    Et si les infâmes progrès,
    Si la risée atroce, ou, plus atroce injure,
    L'encens de hideux scélérats
    Ont pénétré vos coeurs d'une longue blessure;
    Sauvez-moi. Conservez un bras
    Qui lance votre foudre, un amant qui vous venge.
    Mourir sans vider mon carquois
    Sans percer, sans fouler, sans pétrir dans leur fange
    Ces bourreaux barbouilleurs de lois!
    Ces vers cadavéreux de la France asservie,
    Égorgée! O mon cher trésor,
    O ma plume! Fiel, bile, horreur. Dieux de ma vie!
    Par vous seul je respire encor :
    Comme la poix brûlante, agitée en ses veines
    Ressuscite un flambeau mourant,
    Je souffre; mais je vis. Par vous, loin de mes peines,
    D'espérance un vaste torrent
    Me transporte. sans vous, comme un poison livide,
    L'invisible dent du chagrin,
    Mes amis opprimés, du menteur homicide
    Les succès, le sceptre d'airain;
    Des bons proscrits par lui la mort ou la ruine,
    L'opprobre de subir sa loi,
    Tout eut tari ma vie; ou, contre ma poitrine
    Dirigé mon poignard. Mais quoi!
    Nul ne resterait donc pour attendrir l'histoire
    Sur tant de justes massacres.
    Pour consoler leurs fils, leurs veuves, leur mémoire,
    Pour que des brigands abhorrés
    Frémissent aux portraits noirs de leur ressemblance?
    Pour descendre jusqu'aux enfers
    Nouer le triple fouet, le fouet de la vengeance,
    Déjà levé sur ces pervers?
    Pour cracher leurs noms, pour chanter leur supplice?
    Allons, étouffe tes clameurs;
    Souffre, o coeur gros de haine, affamé de justice;
    Toi, Vertu, pleure, si je meurs.

    André Chenier

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Citation

Je lui offris mes citations préférées, comme des confiseries cuisinées, façonnées et préparées pour la dégustation.
[ Janet Frame ]

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  • Citation du 13.02.2012
    Un ami, c'est celui qui devine toujours quand on a besoin de lui.[ Jules Renard ] Journal […]