Je suis esclave de l’Epoux infernal, celui qui a perdu les vierges folles. C’est bien ce démon-là. Ce n’est pas un spectre, ce n’est pas un fantôme.
Une saison en enfer (1873), Délires
Citations de Arthur Rimbaud
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Je lui offris mes citations préférées, comme des confiseries cuisinées, façonnées et préparées pour la dégustation.
[ Janet Frame ]
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25 April 2009 à 8:07 am
Vierge Folle – L'Epoux Infernal – Arthur Rimbaud
Écoutons la confession d'un compagnon d'enfer : « Ô divin Époux, mon Seigneur, ne refusez pas la confession de la plus triste de vos servantes. Je suis perdue. Je suis soûle. Je suis impure. Quelle vie !
« Pardon, divin Seigneur, pardon ! Ah !pardon! Que de larmes ! Et que de larmes encore plus tard, j'espère !
« Plus tard, je connaîtrai le divin Époux ! Je suis née soumise à Lui. – L'autre peut me battre maintenant !
« À présent, je suis au fond du monde! Ô mes amies ! … non, pas mes amies… Jamais délires ni tortures semblables… Est-ce bête !
« Ah ! je souffre, je crie. Je souffre vraiment. Tout pourtant m'est permis, chargée de mépris des plus méprisables c¦urs.
« Enfin, faisons cette confidence, quitte à la répéter vingt autres fois, – aussi morne, aussi insignifiante !
« Je suis esclave de l'Époux infernal, celui qui a perdu les vierges folles. C'est bien ce démon-là. Ce n'est pas un spectre, ce n'est pas un fantôme. Mais moi qui ai perdu la sagesse, qui suis damnée et morte au monde, -on ne me tuera pas!- Comment vous le décrire ! Je ne sais même plus parler. Je suis en deuil, je pleure, j'ai peur. Un peu de fraîcheur, Seigneur, si vous voulez, si vous voulez bien !
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25 April 2009 à 8:08 am
Vierge Folle – L'Epoux Infernal – Arthur Rimbaud
« Je suis veuve… – J'étais veuve… – mais oui, j'ai été bien sérieuse jadis, et je ne suis pas née pour devenir squelette !… – Lui était presque un enfant… Ses délicatesses mystérieuses m'avaient séduite. J'ai oublié tout mon devoir humain pour le suivre. Quelle vie ! La vraie vie est absente. Nous ne sommes pas au monde. Je vais où il va, il le faut. Et souvent il s'emporte contre moi, moi, la pauvre âme. Le Démon ! -C'est un démon, vous savez, ce n'est pas un homme.
« Il dit : « Je n'aime pas les femmes : l'amour est à réinventer, on le sait. Elles ne peuvent plus que vouloir une position assurée. La position gagnée, c¦ur et beauté sont mis de côté : il ne reste que froid dédain, l'aliment du mariage, aujourd'hui. Ou bien je vois des femmes, avec les signes du bonheur, dont moi, j'aurais pu faire de bonnes camarades, dévorées tout d'abord par des brutes sensibles comme des bûchers… »
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25 April 2009 à 8:08 am
Vierge Folle – L'Epoux Infernal – Arthur Rimbaud
« Je l'écoute faisant de l'infamie une gloire, de la cruauté un charme. "Je suis de race lointaine : mes pères étaient Scandinaves : ils se perçaient les côtes, buvaient leur sang. – Je me ferai des entailles par tout le corps, je me tatouerai, je veux devenir hideux comme un Mongol: tu verras, je hurlerai dans les rues. Je veux devenir bien fou de rage. Ne me montre jamais de bijoux, je ramperais et me tordrais sur le tapis. Ma richesse, je la voudrais tachée de sang partout. Jamais je ne travaillerai… " Plusieurs nuits son démon me saisissant, nous nous roulions, je luttais avec lui ! – Les nuits, souvent, ivre, il se poste dans les rues ou dans des maisons, pour m'épouvanter mortellement. – "On me coupera vraiment le cou ; ce sera dégoûtant."Oh ! ces jours où il veut marcher avec l'air du crime !
« Parfois il parle, en une façon de patois attendri, de la mort qui fait repentir, des malheureux qui existent certainement, des travaux pénibles, des départs qui déchirent les c¦urs. Dans les bouges où nous nous enivrions, il pleurait en considérant ceux qui nous entouraient, bétail de la misère. Il relevait les ivrognes dans les rues noires. Il avait la pitié d'une mère méchante pour les petits enfants. – Il s'en allait avec des gentillesses de petite fille au catéchisme. – Il feignait d'être éclairé sur tout, commerce, art, médecine. – Je lesuivais, il le faut !