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	<title>Commentaires sur : Je me crois en enfer, donc j&#8217;y suis. Rimbaud Arthur</title>
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	<description>Il faudrait laisser des livres partout. A un moment ou à un autre quelqu'un les ouvrira sans doute. Et faire de même avec la poésie: laisser des poèmes partout, puisque quelqu'un les reconnaîtra sûrement un jour. [  Roberto Juarroz ]</description>
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		<title>Par : dicocitations</title>
		<link>http://www.dico-citations.com/je-me-crois-en-enfer-donc-j-y-suis-rimbaud-arthur/comment-page-1/#comment-1083</link>
		<dc:creator>dicocitations</dc:creator>
		<pubDate>Sat, 25 Apr 2009 08:43:55 +0000</pubDate>
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		<description>Nuit de l&#039;Enfer  
 
J&#039;ai aval&#233; une fameuse gorg&#233;e de poison. - Trois fois b&#233;ni soit le conseil qui m&#039;est arriv&#233; ! - Les entrailles me br&#251;lent. La violence du venin tord mes membres, me rend difforme, me terrasse. Je meurs de soif, j&#039;&#233;touffe, je ne puis crier. C&#039;est l&#039;enfer, l&#039;&#233;ternelle peine ! Voyez comme le feu se rel&#232;ve ! Je br&#251;le comme il faut. Va, d&#233;mon ! 
 
J&#039;avais entrevu la conversion au bien et au bonheur, le salut. Puis-je d&#233;crire la vision, l&#039;air de l&#039;enfer ne souffre pas les hymnes ! C&#039;&#233;tait des millions de cr&#233;atures charmantes, un suave concert spirituel, la force et la paix, les nobles ambitions, que sais-je ? 
 
Les nobles ambitions ! 
 
Et c&#039;est encore la vie ! - Si la damnation est &#233;ternelle ! Un homme qui veut se mutiler est bien damn&#233;, n&#039;est-ce pas ? &lt;strong&gt;Je me crois en enfer, donc j&#039;y suis. &lt;/strong&gt;C&#039;est l&#039;ex&#233;cution du cat&#233;chisme. Je suis esclave de mon bapt&#234;me. Parents, vous avez fait mon malheur et vous avez fait le v&#244;tre. Pauvre innocent ! - L&#039;enfer ne peut attaquer les pa&#239;ens. - C&#039;est la vie encore ! Plus tard, les d&#233;lices de la damnation seront plus profondes. Un crime, vite, que je tombe au n&#233;ant, de par la loi humaine. 
 
Tais-toi, mais tais-toi !... C&#039;est la honte, le reproche, ici : Satan qui dit que le feu est ignoble, que ma col&#232;re est affreusement sotte. - Assez !... Des erreurs qu&#039;on me souffle, magies, parfums faux, musiques pu&#233;riles. - Et dire que je tiens la v&#233;rit&#233;, que je vois la justice : j&#039;ai un jugement sain et arr&#234;t&#233;, je suis pr&#234;t pour la perfection... Orgueil. - La peau de ma t&#234;te se dess&#232;che. Piti&#233; ! Seigneur, j&#039;ai peur. J&#039;ai soif, si soif ! Ah ! l&#039;enfance, l&#039;herbe, la pluie, le lac sur les pierres, le clair de lune quand le clocher sonnait douze... le diable est au clocher, &#224; cette heure. Marie ! Sainte-Vierge !... - Horreur de ma b&#234;tise. 
 
L&#224;-bas, ne sont-ce pas des &#226;mes honn&#234;tes, qui me veulent du bien... Venez... J&#039;ai un oreiller sur la bouche, elles ne m&#039;entendent pas, ce sont des fant&#244;mes. Puis, jamais personne ne pense &#224; autrui. Qu&#039;on n&#039;approche pas. Je sens le roussi, c&#039;est certain. 
 
Les hallucinations sont innombrables. C&#039;est bien ce que j&#039;ai toujours eu : plus de foi en l&#039;histoire, l&#039;oubli des principes. Je m&#039;en tairai : po&#232;tes et visionnaires seraient jaloux. Je suis mille fois le plus riche, soyons avare comme la mer. 
 
Ah &#231;a ! l&#039;horloge de la vie s&#039;est arr&#234;t&#233;e tout &#224; l&#039;heure. Je ne suis plus au monde. - La th&#233;ologie est s&#233;rieuse, l&#039;enfer est certainement en bas - et le ciel en haut. - Extase, cauchemar, sommeil dans un nid de flammes. 
 
Que de malices dans l&#039;attention dans la campagne... Satan, Ferdinand, court avec les graines sauvages... J&#233;sus marche sur les ronces purpurines, sans les courber... J&#233;sus marchait sur les eaux irrit&#233;es. La lanterne nous le montra debout, blanc et des tresses brunes, au flanc d&#039;une vague d&#039;&#233;meraude... 
 
Je vais d&#233;voiler tous les myst&#232;res : myst&#232;res religieux ou naturels, mort, naissance, avenir, pass&#233;, cosmogonie, n&#233;ant. Je suis ma&#238;tre en fantasmagories. 
 
&#201;coutez !... 
 
J&#039;ai tous les talents ! - Il n&#039;y a personne ici et il y a quelqu&#039;un : je ne voudrais pas r&#233;pandre mon tr&#233;sor. - Veut-on des chants n&#232;gres, des danses de houris ? Veut-on que je disparaisse, que je plonge &#224; la recherche de l&#039;anneau* ? Veut-on ? Je ferai de l&#039;or, des rem&#232;des. 
 
Fiez-vous donc &#224; moi, la foi soulage, guide, gu&#233;rit. Tous, venez, - m&#234;me les petits enfants, - que je vous console, qu&#039;on r&#233;pande pour vous son coeur, - le coeur merveilleux ! - Pauvres hommes, travailleurs ! Je ne demande pas de pri&#232;res ; avec votre confiance seulement, je serai heureux. 
 
- Et pensons &#224; moi. Ceci me fait peu regretter le monde. J&#039;ai de la chance de ne pas souffrir plus. Ma vie ne fut que folies douces, c&#039;est regrettable. 
 
Bah ! faisons toutes les grimaces imaginables. 
 
D&#233;cid&#233;ment, nous sommes hors du monde. Plus aucun son. Mon tact a disparu. Ah ! mon ch&#226;teau, ma Saxe, mon bois de saules. Les soirs, les matins, les nuits, les jours... Suis-je las ! 
 
Je devrais avoir mon enfer pour la col&#232;re, mon enfer pour l&#039;orgueil, - et l&#039;enfer de la caresse ; un concert d&#039;enfers. 
 
Je meurs de lassitude. C&#039;est le tombeau, je m&#039;en vais aux vers, horreur de l&#039;horreur ! Satan, farceur, tu veux me dissoudre, avec tes charmes. Je r&#233;clame. Je r&#233;clame ! un coup de fourche, une goutte de feu. 
 
Ah ! remonter &#224; la vie ! Jeter les yeux sur nos difformit&#233;s. Et ce poison, ce baiser mille fois maudit ! Ma faiblesse, la cruaut&#233; du monde ! Mon Dieu, piti&#233;, cachez-moi, je me tiens trop mal ! - Je suis cach&#233; et je ne le suis pas. 
 
C&#039;est le feu qui se rel&#232;ve avec son damn&#233;. </description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Nuit de l&#039;Enfer  </p>
<p>J&#039;ai aval&eacute; une fameuse gorg&eacute;e de poison. &#8211; Trois fois b&eacute;ni soit le conseil qui m&#039;est arriv&eacute; ! &#8211; Les entrailles me br&ucirc;lent. La violence du venin tord mes membres, me rend difforme, me terrasse. Je meurs de soif, j&#039;&eacute;touffe, je ne puis crier. C&#039;est l&#039;enfer, l&#039;&eacute;ternelle peine ! Voyez comme le feu se rel&egrave;ve ! Je br&ucirc;le comme il faut. Va, d&eacute;mon ! </p>
<p>J&#039;avais entrevu la conversion au bien et au bonheur, le salut. Puis-je d&eacute;crire la vision, l&#039;air de l&#039;enfer ne souffre pas les hymnes ! C&#039;&eacute;tait des millions de cr&eacute;atures charmantes, un suave concert spirituel, la force et la paix, les nobles ambitions, que sais-je ? </p>
<p>Les nobles ambitions ! </p>
<p>Et c&#039;est encore la vie ! &#8211; Si la damnation est &eacute;ternelle ! Un homme qui veut se mutiler est bien damn&eacute;, n&#039;est-ce pas ? <strong>Je me crois en enfer, donc j&#039;y suis. </strong>C&#039;est l&#039;ex&eacute;cution du cat&eacute;chisme. Je suis esclave de mon bapt&ecirc;me. Parents, vous avez fait mon malheur et vous avez fait le v&ocirc;tre. Pauvre innocent ! &#8211; L&#039;enfer ne peut attaquer les pa&iuml;ens. &#8211; C&#039;est la vie encore ! Plus tard, les d&eacute;lices de la damnation seront plus profondes. Un crime, vite, que je tombe au n&eacute;ant, de par la loi humaine. </p>
<p>Tais-toi, mais tais-toi !&#8230; C&#039;est la honte, le reproche, ici : Satan qui dit que le feu est ignoble, que ma col&egrave;re est affreusement sotte. &#8211; Assez !&#8230; Des erreurs qu&#039;on me souffle, magies, parfums faux, musiques pu&eacute;riles. &#8211; Et dire que je tiens la v&eacute;rit&eacute;, que je vois la justice : j&#039;ai un jugement sain et arr&ecirc;t&eacute;, je suis pr&ecirc;t pour la perfection&#8230; Orgueil. &#8211; La peau de ma t&ecirc;te se dess&egrave;che. Piti&eacute; ! Seigneur, j&#039;ai peur. J&#039;ai soif, si soif ! Ah ! l&#039;enfance, l&#039;herbe, la pluie, le lac sur les pierres, le clair de lune quand le clocher sonnait douze&#8230; le diable est au clocher, &agrave; cette heure. Marie ! Sainte-Vierge !&#8230; &#8211; Horreur de ma b&ecirc;tise. </p>
<p>L&agrave;-bas, ne sont-ce pas des &acirc;mes honn&ecirc;tes, qui me veulent du bien&#8230; Venez&#8230; J&#039;ai un oreiller sur la bouche, elles ne m&#039;entendent pas, ce sont des fant&ocirc;mes. Puis, jamais personne ne pense &agrave; autrui. Qu&#039;on n&#039;approche pas. Je sens le roussi, c&#039;est certain. </p>
<p>Les hallucinations sont innombrables. C&#039;est bien ce que j&#039;ai toujours eu : plus de foi en l&#039;histoire, l&#039;oubli des principes. Je m&#039;en tairai : po&egrave;tes et visionnaires seraient jaloux. Je suis mille fois le plus riche, soyons avare comme la mer. </p>
<p>Ah &ccedil;a ! l&#039;horloge de la vie s&#039;est arr&ecirc;t&eacute;e tout &agrave; l&#039;heure. Je ne suis plus au monde. &#8211; La th&eacute;ologie est s&eacute;rieuse, l&#039;enfer est certainement en bas &#8211; et le ciel en haut. &#8211; Extase, cauchemar, sommeil dans un nid de flammes. </p>
<p>Que de malices dans l&#039;attention dans la campagne&#8230; Satan, Ferdinand, court avec les graines sauvages&#8230; J&eacute;sus marche sur les ronces purpurines, sans les courber&#8230; J&eacute;sus marchait sur les eaux irrit&eacute;es. La lanterne nous le montra debout, blanc et des tresses brunes, au flanc d&#039;une vague d&#039;&eacute;meraude&#8230; </p>
<p>Je vais d&eacute;voiler tous les myst&egrave;res : myst&egrave;res religieux ou naturels, mort, naissance, avenir, pass&eacute;, cosmogonie, n&eacute;ant. Je suis ma&icirc;tre en fantasmagories. </p>
<p>&Eacute;coutez !&#8230; </p>
<p>J&#039;ai tous les talents ! &#8211; Il n&#039;y a personne ici et il y a quelqu&#039;un : je ne voudrais pas r&eacute;pandre mon tr&eacute;sor. &#8211; Veut-on des chants n&egrave;gres, des danses de houris ? Veut-on que je disparaisse, que je plonge &agrave; la recherche de l&#039;anneau* ? Veut-on ? Je ferai de l&#039;or, des rem&egrave;des. </p>
<p>Fiez-vous donc &agrave; moi, la foi soulage, guide, gu&eacute;rit. Tous, venez, &#8211; m&ecirc;me les petits enfants, &#8211; que je vous console, qu&#039;on r&eacute;pande pour vous son coeur, &#8211; le coeur merveilleux ! &#8211; Pauvres hommes, travailleurs ! Je ne demande pas de pri&egrave;res ; avec votre confiance seulement, je serai heureux. </p>
<p>- Et pensons &agrave; moi. Ceci me fait peu regretter le monde. J&#039;ai de la chance de ne pas souffrir plus. Ma vie ne fut que folies douces, c&#039;est regrettable. </p>
<p>Bah ! faisons toutes les grimaces imaginables. </p>
<p>D&eacute;cid&eacute;ment, nous sommes hors du monde. Plus aucun son. Mon tact a disparu. Ah ! mon ch&acirc;teau, ma Saxe, mon bois de saules. Les soirs, les matins, les nuits, les jours&#8230; Suis-je las ! </p>
<p>Je devrais avoir mon enfer pour la col&egrave;re, mon enfer pour l&#039;orgueil, &#8211; et l&#039;enfer de la caresse ; un concert d&#039;enfers. </p>
<p>Je meurs de lassitude. C&#039;est le tombeau, je m&#039;en vais aux vers, horreur de l&#039;horreur ! Satan, farceur, tu veux me dissoudre, avec tes charmes. Je r&eacute;clame. Je r&eacute;clame ! un coup de fourche, une goutte de feu. </p>
<p>Ah ! remonter &agrave; la vie ! Jeter les yeux sur nos difformit&eacute;s. Et ce poison, ce baiser mille fois maudit ! Ma faiblesse, la cruaut&eacute; du monde ! Mon Dieu, piti&eacute;, cachez-moi, je me tiens trop mal ! &#8211; Je suis cach&eacute; et je ne le suis pas. </p>
<p>C&#039;est le feu qui se rel&egrave;ve avec son damn&eacute;.</p>
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