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	<title>Commentaires sur : J&#8217;avilirais le sceptre à venger mon injure. Delavigne Casimir</title>
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	<description>Il faudrait laisser des livres partout. A un moment ou à un autre quelqu'un les ouvrira sans doute. Et faire de même avec la poésie: laisser des poèmes partout, puisque quelqu'un les reconnaîtra sûrement un jour. [  Roberto Juarroz ]</description>
	<lastBuildDate>Tue, 21 Feb 2012 17:01:03 +0000</lastBuildDate>
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		<title>Par : dicocitations</title>
		<link>http://www.dico-citations.com/j-avilirais-le-sceptre-venger-mon-injure-delavigne-casimir/comment-page-1/#comment-5718</link>
		<dc:creator>dicocitations</dc:creator>
		<pubDate>Sun, 26 Dec 2010 11:41:19 +0000</pubDate>
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		<description>Les Limbes 
  
Casimir Delavigne (1793&#8211;&#8224;1843) 
  
  
Comme un vain r&#234;ve du matin, 
Un parfum vague, un bruit lointain, 
C&#8217;est je ne sais quoi d&#8217;incertain 
      Que cet empire; 
Lieux qu&#8217;&#224; peine vient &#233;clairer         
Un jour qui, sans rien colorer, 
A chaque instant pr&#232;s d&#8217;expirer, 
      Jamais n&#8217;expire. 
  
Partout cette demi-clart&#233; 
Dont la morne tranquillit&#233;         
Suit un cr&#233;puscule d&#8217;&#233;t&#233;, 
      Ou de l&#8217;aurore, 
Fait pressentir que le retour 
Va poindre au c&#233;leste s&#233;jour, 
Quand la nuit n&#8217;est plus, quand le jour         
      N&#8217;est pas encore! 
  
Ce ciel terne, o&#249; manque un soleil, 
N&#8217;est jamais bleu, jamais vermeil; 
Jamais brise, dans ce sommeil 
      De la nature,         
N&#8217;agita d&#8217;un fr&#233;missement 
La torpeur de ce lac dormant, 
Dont l&#8217;eau n&#8217;a point de mouvement, 
      Point de murmure. 
  
L&#8217;air n&#8217;entr&#8217;ouvre sous sa ti&#233;deur         
Que fleurs qui, presque sans odeur, 
Comme les lis ont la candeur 
      De l&#8217;innocence; 
Sur leur sein p&#226;le et sans reflets 
Languissent des oiseaux muets:         
Dans le ciel, l&#8217;onde et les for&#234;ts, 
      Tout est silence. 
  
Loin de Dieu, l&#224;, sont renferm&#233;s 
Les milliers d&#8217;&#234;tres tant aim&#233;s, 
Qu&#8217;en ces bosquets inanim&#233;s         
      La tombe envoie. 
Le calme d&#8217;un vague loisir, 
Sans regret comme sans d&#233;sir, 
Sans peine comme sans plaisir, 
      C&#8217;est l&#224; leur joie.         
  
L&#224;, ni veille ni lendemain! 
lls n&#8217;ont sur un bonheur prochain, 
Sur celui qu&#8217;on rappelle en vain, 
      Rien &#224; se dire. 
Leurs sanglots ne troublent jamais         
De l&#8217;air l&#8217;inalt&#233;rable paix; 
Mais aussi leur rire jamais 
      N&#8217;est qu&#8217;un sourire. 
  
Sur leurs doux traits que de p&#226;leur! 
Adieu cette fra&#238;che couleur         
Qui de baiser leur joue en fleur 
      Donnait l&#8217;envie! 
De leurs yeux, qui charment d&#8217;abord, 
Mais dont aucun &#233;clair ne sort, 
Le morne &#233;clat n&#8217;est pas la mort,         
      N&#8217;est pas la vie. 
  
Rien de bruyant, rien d&#8217;agit&#233; 
Dans leur triste f&#233;licit&#233;! 
Ils se couronnent sans ga&#238;t&#233; 
      De fleurs nouvelles.         
Ils se parlent, mais c&#8217;est tout bas; 
Ils marchent, mais c&#8217;est pas &#224; pas; 
Ils volent, mais on n&#8217;entend pas 
      Battre leurs ailes. 
  
Parmi tout ce peuple charmant,         
Qui se meut si nonchalamment, 
Qui fait sous son balancement 
      Plier les branches, 
Quelle est cette ombre aux blonds cheveux, 
Au regard timide, aux yeux bleus,         
Qui ne m&#234;le pas &#224; leurs jeux 
      Ses ailes blanches? 
  
Elle arrive, et, fant&#244;me ail&#233;, 
Elle n&#8217;a pas encor vol&#233;; 
L&#8217;effroi dont son c&#339;ur est troubl&#233;,         
      J&#8217;en vois la cause: 
N&#8217;est-ce pas celui que ressent 
La colombe qui, s&#8217;avan&#231;ant 
Pour essayer son vol naissant, 
      Voudrait et n&#8217;ose?         
  
Non; dans ses yeux roulent des pleurs. 
Belle enfant, calme tes douleurs; 
L&#224; sont des fruits, l&#224; sont des fleurs 
      Dont tu disposes. 
Laisse-toi tenter, et, crois-moi,         
Cueille ces roses sans effroi; 
Car, bien que p&#226;les comme toi, 
      Ce sont des roses. 
  
Triomphe en tenant &#224; deux mains 
Ta robe pleine de jasmins;         
Et puis, courant par les chemins, 
      Va les r&#233;pandre. 
Viens, tu prendras en le guettant 
L&#8217;oiseau qui, sans but voletant, 
N&#8217;aime ni ne chante, et partant         
      Se laisse prendre. 
  
Avec ces enfants tu jo&#251;ras; 
Viens, ils tendent vers toi les bras; 
On danse tristement l&#224;-bas, 
      Mais on y danse.         
Pourquoi penser, pleurer ainsi? 
Aucun enfant ne pleure ici, 
Ombre r&#234;veuse; mais aussi 
      Aucun ne pense. 
  
Dieu permet-il qu&#8217;un souvenir         
Laisse ton c&#339;ur entretenir 
D&#8217;un bien qui ne peut revenir 
      L&#8217;id&#233;e am&#232;re? 
&#8216;Oui, je me souviens du pass&#233; 
Du berceau vide o&#249; j&#8217;ai laiss&#233;         
Mon r&#234;ve &#224; peine commenc&#233;, 
      Et de ma m&#232;re.&#8217; </description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Les Limbes </p>
<p>Casimir Delavigne (1793&ndash;&dagger;1843) </p>
<p>Comme un vain r&ecirc;ve du matin,<br />
Un parfum vague, un bruit lointain,<br />
C&rsquo;est je ne sais quoi d&rsquo;incertain<br />
      Que cet empire;<br />
Lieux qu&rsquo;&agrave; peine vient &eacute;clairer<br />
Un jour qui, sans rien colorer,<br />
A chaque instant pr&egrave;s d&rsquo;expirer,<br />
      Jamais n&rsquo;expire. </p>
<p>Partout cette demi-clart&eacute;<br />
Dont la morne tranquillit&eacute;<br />
Suit un cr&eacute;puscule d&rsquo;&eacute;t&eacute;,<br />
      Ou de l&rsquo;aurore,<br />
Fait pressentir que le retour<br />
Va poindre au c&eacute;leste s&eacute;jour,<br />
Quand la nuit n&rsquo;est plus, quand le jour<br />
      N&rsquo;est pas encore! </p>
<p>Ce ciel terne, o&ugrave; manque un soleil,<br />
N&rsquo;est jamais bleu, jamais vermeil;<br />
Jamais brise, dans ce sommeil<br />
      De la nature,<br />
N&rsquo;agita d&rsquo;un fr&eacute;missement<br />
La torpeur de ce lac dormant,<br />
Dont l&rsquo;eau n&rsquo;a point de mouvement,<br />
      Point de murmure. </p>
<p>L&rsquo;air n&rsquo;entr&rsquo;ouvre sous sa ti&eacute;deur<br />
Que fleurs qui, presque sans odeur,<br />
Comme les lis ont la candeur<br />
      De l&rsquo;innocence;<br />
Sur leur sein p&acirc;le et sans reflets<br />
Languissent des oiseaux muets:<br />
Dans le ciel, l&rsquo;onde et les for&ecirc;ts,<br />
      Tout est silence. </p>
<p>Loin de Dieu, l&agrave;, sont renferm&eacute;s<br />
Les milliers d&rsquo;&ecirc;tres tant aim&eacute;s,<br />
Qu&rsquo;en ces bosquets inanim&eacute;s<br />
      La tombe envoie.<br />
Le calme d&rsquo;un vague loisir,<br />
Sans regret comme sans d&eacute;sir,<br />
Sans peine comme sans plaisir,<br />
      C&rsquo;est l&agrave; leur joie.         </p>
<p>L&agrave;, ni veille ni lendemain!<br />
lls n&rsquo;ont sur un bonheur prochain,<br />
Sur celui qu&rsquo;on rappelle en vain,<br />
      Rien &agrave; se dire.<br />
Leurs sanglots ne troublent jamais<br />
De l&rsquo;air l&rsquo;inalt&eacute;rable paix;<br />
Mais aussi leur rire jamais<br />
      N&rsquo;est qu&rsquo;un sourire. </p>
<p>Sur leurs doux traits que de p&acirc;leur!<br />
Adieu cette fra&icirc;che couleur<br />
Qui de baiser leur joue en fleur<br />
      Donnait l&rsquo;envie!<br />
De leurs yeux, qui charment d&rsquo;abord,<br />
Mais dont aucun &eacute;clair ne sort,<br />
Le morne &eacute;clat n&rsquo;est pas la mort,<br />
      N&rsquo;est pas la vie. </p>
<p>Rien de bruyant, rien d&rsquo;agit&eacute;<br />
Dans leur triste f&eacute;licit&eacute;!<br />
Ils se couronnent sans ga&icirc;t&eacute;<br />
      De fleurs nouvelles.<br />
Ils se parlent, mais c&rsquo;est tout bas;<br />
Ils marchent, mais c&rsquo;est pas &agrave; pas;<br />
Ils volent, mais on n&rsquo;entend pas<br />
      Battre leurs ailes. </p>
<p>Parmi tout ce peuple charmant,<br />
Qui se meut si nonchalamment,<br />
Qui fait sous son balancement<br />
      Plier les branches,<br />
Quelle est cette ombre aux blonds cheveux,<br />
Au regard timide, aux yeux bleus,<br />
Qui ne m&ecirc;le pas &agrave; leurs jeux<br />
      Ses ailes blanches? </p>
<p>Elle arrive, et, fant&ocirc;me ail&eacute;,<br />
Elle n&rsquo;a pas encor vol&eacute;;<br />
L&rsquo;effroi dont son c&oelig;ur est troubl&eacute;,<br />
      J&rsquo;en vois la cause:<br />
N&rsquo;est-ce pas celui que ressent<br />
La colombe qui, s&rsquo;avan&ccedil;ant<br />
Pour essayer son vol naissant,<br />
      Voudrait et n&rsquo;ose?         </p>
<p>Non; dans ses yeux roulent des pleurs.<br />
Belle enfant, calme tes douleurs;<br />
L&agrave; sont des fruits, l&agrave; sont des fleurs<br />
      Dont tu disposes.<br />
Laisse-toi tenter, et, crois-moi,<br />
Cueille ces roses sans effroi;<br />
Car, bien que p&acirc;les comme toi,<br />
      Ce sont des roses. </p>
<p>Triomphe en tenant &agrave; deux mains<br />
Ta robe pleine de jasmins;<br />
Et puis, courant par les chemins,<br />
      Va les r&eacute;pandre.<br />
Viens, tu prendras en le guettant<br />
L&rsquo;oiseau qui, sans but voletant,<br />
N&rsquo;aime ni ne chante, et partant<br />
      Se laisse prendre. </p>
<p>Avec ces enfants tu jo&ucirc;ras;<br />
Viens, ils tendent vers toi les bras;<br />
On danse tristement l&agrave;-bas,<br />
      Mais on y danse.<br />
Pourquoi penser, pleurer ainsi?<br />
Aucun enfant ne pleure ici,<br />
Ombre r&ecirc;veuse; mais aussi<br />
      Aucun ne pense. </p>
<p>Dieu permet-il qu&rsquo;un souvenir<br />
Laisse ton c&oelig;ur entretenir<br />
D&rsquo;un bien qui ne peut revenir<br />
      L&rsquo;id&eacute;e am&egrave;re?<br />
&lsquo;Oui, je me souviens du pass&eacute;<br />
Du berceau vide o&ugrave; j&rsquo;ai laiss&eacute;<br />
Mon r&ecirc;ve &agrave; peine commenc&eacute;,<br />
      Et de ma m&egrave;re.&rsquo;</p>
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