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	<title>Commentaires sur : Il y a autant de lettres dans Femme que dans Amour! Forneret Xavier</title>
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	<description>Il faudrait laisser des livres partout. A un moment ou à un autre quelqu'un les ouvrira sans doute. Et faire de même avec la poésie: laisser des poèmes partout, puisque quelqu'un les reconnaîtra sûrement un jour. [  Roberto Juarroz ]</description>
	<lastBuildDate>Tue, 21 Feb 2012 10:04:22 +0000</lastBuildDate>
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		<title>Par : dicocitations</title>
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		<dc:creator>dicocitations</dc:creator>
		<pubDate>Fri, 21 Jan 2011 21:42:47 +0000</pubDate>
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		<description>Les demoiselles Tourangeau -  Par Champfleury 1864 
 
C&#039;est avec une sorte de pudeur que mademoiselle &#201;melina m&#039;a remis la clef de ses pens&#233;es. Elle s&#039;&#233;tait &#233;loign&#233;e &#224; quelques pas de moi, paraissant attendre non sans anxi&#233;t&#233; le jugement que j&#039;allais porter sur ses confidences intimes. 
 
Plein de curiosit&#233;, j&#039;ai ouvert l&#039;album &#224; un endroit o&#249; trois lignes seules s&#039;&#233;talaient au milieu d&#039;une page blanche : 
 
&#171;. L&#039;Amour et l&#039;Amiti&#233; qui s&#039;accouplent sont comme deux chevaux attel&#233;s en sens inverse; il en na&#238;t un sentiment &#233;cartel&#233;. &#187; 
 
Mademoiselle &#201;melina me regardait. J&#039;ai pouss&#233; un : Ah ! peu compromettant et je suis arriv&#233; &#224; la seconde pens&#233;e : 
 
&#171; FEMME doit &#234;tre le dernier mot d&#039;un mourant et d&#039;un livre, &#187; 
 
Femme &#233;tait &#233;crit en gros caract&#232;res. La bizarre litt&#233;rature que celle des Pens&#233;es! Au premier coup d&#039;&#339;il, ces Pens&#233;es paraissent avoir &#233;t&#233; pens&#233;es : en les relisant, on s&#039;aper&#231;oit qu&#039;un certain assemblage de mois est la r&#232;gle unique qui a pr&#233;sid&#233; &#224; une phrase creuse. Pourquoi femme doit-elle &#234;tre le. dernier mot d&#039;un livre? Il y a pi us d&#039;un livre plein d&#039;int&#233;r&#234;t o&#249; la femme n&#039;appara&#238;t pas. Pourquoi encore femme doit-elle &#234;tre le dernier mot d&#039;un mourant? Les &#234;tres vraiment malades pensent peu aux femmes : j&#039;ai vu mourir quelques hommes dans les h&#244;pitaux, aucun n&#039;avait &#224; la bouche le mot de femme. 
 
La troisi&#232;me pens&#233;e m&#039;&#233;chappe absolument : &#171; Le Saule est l&#039;&#338;il et l&#039;Eau la Larme. &#187; L&#039;&#339;il de qui? la larme de quoi? Il y a l&#224;-dessous quelque symbole auquel mademoiselle &#201;melina doit attacher un sens particulier, &#224; voir les majuscules dont elle s&#039;est plu &#224; d&#233;corer ce Saule, cet &#338;il, cette Eau, celte Larme. J&#039;ai donc pass&#233; &#224; une autre pens&#233;e.  
 
&lt;strong&gt;II y a autant de lettres dans Femme que dans Amour. &lt;/strong&gt; 
 
&#8212; C&#039;est juste, me suis-je &#233;cri&#233; en comptant machinalement les lettres sur mes doigts ; mais o&#249; m&#232;ne celle belle d&#233;couverte, qui produirait peut 
&#234;tre quelque effet &#224; la fin d&#039;une com&#233;die du Gymnase? En diss&#233;quant celte pens&#233;e et celles qui suivent, toutes sonnent creux, surtout une, touffue et si compliqu&#233;e, que de la main j&#039;ai un instant voil&#233; mes yeux pour la m&#233;diter attentivement. 
 
Pas d&#233;plus grand vent que l&#039;Amour; pas de feuille plus s&#232;che que le C&#339;ur. L&#039;un souffle sans cesse sur l&#039;autre qui vole toujours. &#187; 
 
En feuilletant cet album o&#249; les mots Amour, C&#339;ur, Soupir, Larme, Souffrir, Aimer, reviennent dix fois par page, je me suis tenu &#224; quatre pour ne pas &#233;crire une grosse fac&#233;tie &#224; la suite de ces fadeurs; mais mademoiselle &#201;melina m&#039;&#233;tudiait, cherchant &#224; surprendre les traces de mes impressions. Avec la froideur d&#039;un greffier entrant dans le cachot d&#039;un condamn&#233; pour lui lire son arr&#234;t, je suis revenu vers elle. La pauvre fille semblait d&#233;contenanc&#233;e, et j&#039;ai eu piti&#233; d&#039;elle, malgr&#233; ses travers de penseuse. Je lui ai m&#234;me adress&#233; quelques vagues compliments, afin d&#039;obtenir la permission d&#039;emporter l&#039;album. 
 
Si mademoiselle Emelina croit s&#233;rieusement &#224; de pareilles billeves&#233;es, je tremble pour son avenir. Une femme qui se gargarise l&#039;esprit avec le mot amour et le verbe aimer, est sur une pente dangereuse. A. Longpont, mademoiselle &#201;melina ne se soucie gu&#232;re de la vie domestique ; elle pense tout le jour, h&#233;las! &#224; ce terrible amour qu&#039;elle a analys&#233; tellement sous toutes ses faces, qu&#039;elle en est arriv&#233;e, &#244; la belle d&#233;couverte! &#224; reconna&#238;tre que cinq lettres pr&#233;sident &#224; sa formation. 
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		<content:encoded><![CDATA[<p>Les demoiselles Tourangeau &#8211;  Par Champfleury 1864 </p>
<p>C&#039;est avec une sorte de pudeur que mademoiselle &Eacute;melina m&#039;a remis la clef de ses pens&eacute;es. Elle s&#039;&eacute;tait &eacute;loign&eacute;e &agrave; quelques pas de moi, paraissant attendre non sans anxi&eacute;t&eacute; le jugement que j&#039;allais porter sur ses confidences intimes. </p>
<p>Plein de curiosit&eacute;, j&#039;ai ouvert l&#039;album &agrave; un endroit o&ugrave; trois lignes seules s&#039;&eacute;talaient au milieu d&#039;une page blanche : </p>
<p>&laquo;. L&#039;Amour et l&#039;Amiti&eacute; qui s&#039;accouplent sont comme deux chevaux attel&eacute;s en sens inverse; il en na&icirc;t un sentiment &eacute;cartel&eacute;. &raquo; </p>
<p>Mademoiselle &Eacute;melina me regardait. J&#039;ai pouss&eacute; un : Ah ! peu compromettant et je suis arriv&eacute; &agrave; la seconde pens&eacute;e : </p>
<p>&laquo; FEMME doit &ecirc;tre le dernier mot d&#039;un mourant et d&#039;un livre, &raquo; </p>
<p>Femme &eacute;tait &eacute;crit en gros caract&egrave;res. La bizarre litt&eacute;rature que celle des Pens&eacute;es! Au premier coup d&#039;&oelig;il, ces Pens&eacute;es paraissent avoir &eacute;t&eacute; pens&eacute;es : en les relisant, on s&#039;aper&ccedil;oit qu&#039;un certain assemblage de mois est la r&egrave;gle unique qui a pr&eacute;sid&eacute; &agrave; une phrase creuse. Pourquoi femme doit-elle &ecirc;tre le. dernier mot d&#039;un livre? Il y a pi us d&#039;un livre plein d&#039;int&eacute;r&ecirc;t o&ugrave; la femme n&#039;appara&icirc;t pas. Pourquoi encore femme doit-elle &ecirc;tre le dernier mot d&#039;un mourant? Les &ecirc;tres vraiment malades pensent peu aux femmes : j&#039;ai vu mourir quelques hommes dans les h&ocirc;pitaux, aucun n&#039;avait &agrave; la bouche le mot de femme. </p>
<p>La troisi&egrave;me pens&eacute;e m&#039;&eacute;chappe absolument : &laquo; Le Saule est l&#039;&OElig;il et l&#039;Eau la Larme. &raquo; L&#039;&oelig;il de qui? la larme de quoi? Il y a l&agrave;-dessous quelque symbole auquel mademoiselle &Eacute;melina doit attacher un sens particulier, &agrave; voir les majuscules dont elle s&#039;est plu &agrave; d&eacute;corer ce Saule, cet &OElig;il, cette Eau, celte Larme. J&#039;ai donc pass&eacute; &agrave; une autre pens&eacute;e.  </p>
<p><strong>II y a autant de lettres dans Femme que dans Amour. </strong> </p>
<p>&mdash; C&#039;est juste, me suis-je &eacute;cri&eacute; en comptant machinalement les lettres sur mes doigts ; mais o&ugrave; m&egrave;ne celle belle d&eacute;couverte, qui produirait peut<br />
&ecirc;tre quelque effet &agrave; la fin d&#039;une com&eacute;die du Gymnase? En diss&eacute;quant celte pens&eacute;e et celles qui suivent, toutes sonnent creux, surtout une, touffue et si compliqu&eacute;e, que de la main j&#039;ai un instant voil&eacute; mes yeux pour la m&eacute;diter attentivement. </p>
<p>Pas d&eacute;plus grand vent que l&#039;Amour; pas de feuille plus s&egrave;che que le C&oelig;ur. L&#039;un souffle sans cesse sur l&#039;autre qui vole toujours. &raquo; </p>
<p>En feuilletant cet album o&ugrave; les mots Amour, C&oelig;ur, Soupir, Larme, Souffrir, Aimer, reviennent dix fois par page, je me suis tenu &agrave; quatre pour ne pas &eacute;crire une grosse fac&eacute;tie &agrave; la suite de ces fadeurs; mais mademoiselle &Eacute;melina m&#039;&eacute;tudiait, cherchant &agrave; surprendre les traces de mes impressions. Avec la froideur d&#039;un greffier entrant dans le cachot d&#039;un condamn&eacute; pour lui lire son arr&ecirc;t, je suis revenu vers elle. La pauvre fille semblait d&eacute;contenanc&eacute;e, et j&#039;ai eu piti&eacute; d&#039;elle, malgr&eacute; ses travers de penseuse. Je lui ai m&ecirc;me adress&eacute; quelques vagues compliments, afin d&#039;obtenir la permission d&#039;emporter l&#039;album. </p>
<p>Si mademoiselle Emelina croit s&eacute;rieusement &agrave; de pareilles billeves&eacute;es, je tremble pour son avenir. Une femme qui se gargarise l&#039;esprit avec le mot amour et le verbe aimer, est sur une pente dangereuse. A. Longpont, mademoiselle &Eacute;melina ne se soucie gu&egrave;re de la vie domestique ; elle pense tout le jour, h&eacute;las! &agrave; ce terrible amour qu&#039;elle a analys&eacute; tellement sous toutes ses faces, qu&#039;elle en est arriv&eacute;e, &ocirc; la belle d&eacute;couverte! &agrave; reconna&icirc;tre que cinq lettres pr&eacute;sident &agrave; sa formation.</p>
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