France, mère des arts, des armes et des lois, – Tu m’as nourri longtemps du lait de ta mamelle: – Ores, comme un agneau qui sa nourrice appelle, – Je remplis de ton nom les antres et les bois.
Les Regrets
Citations de Joachim Du Bellay
Joachim Du Bellay
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Je lui offris mes citations préférées, comme des confiseries cuisinées, façonnées et préparées pour la dégustation.
[ Janet Frame ]
dicocitations
5 novembre 2010 à 8:17
Les regrets
Je hais plus que la mort un jeune casanier,
Qui ne sort jamais hors, sinon aux jours de fêtes,
Et craignant plus le jour qu'une sauvage bête,
Se fait en sa maison lui-même prisonnier.
Mais je ne puis aimer un vieillard voyager,
Qui court deçà, delà, et jamais ne s'arrête,
Ains* des pieds moins léger que léger de la tête,*Ains==Mais
Ne séjourne jamais non plus qu'un messager.
L'un sans se travailler en sûreté demeure,
L'autre, qui n'a de repos jusques à tant qu'il meure,
Traverse nuit et jour mille lieux dangereux;
L'un passe riche et sot heureusement sa vie,
L'autre, plus souffreteux qu'un pauvre qui mendie,
S'acquiert en voyageant un savoir malheureux.
Joachim du Bellay
dicocitations
21 décembre 2010 à 1:54
France, mère des arts…
France, mère des arts, des armes et des lois,
Tu m'as nourri longtemps du lait de ta mamelle ;
Ores, comme un agneau qui sa nourrice appelle,
Je remplis de ton nom les antres et les bois.
Si tu m'as pour enfant avoué quelquefois,
Que ne me réponds-tu maintenant, ô cruelle ?
France, France, réponds à ma triste querelle.
Mais nul, sinon Echo, ne répond à ma voix.
Entre les loups cruels j'erre parmi la plaine ;
Je sens venir l'hiver, de qui la froide haleine
D'une tremblante horreur fait hérisser ma peau.
Las ! Tes autres agneaux n'ont faute de pâture,
Ils ne craignent le loup, le vent, ni la froidure :
Si ne suis-je pourtant le pire du troupeau.
Joachim DU BELLAY, Les Regrets