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	<title>Commentaires sur : Elever un enfant c&#8217;est lui apprendre à se passer de nous. Legouvé Ernest</title>
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	<description>Il faudrait laisser des livres partout. A un moment ou à un autre quelqu'un les ouvrira sans doute. Et faire de même avec la poésie: laisser des poèmes partout, puisque quelqu'un les reconnaîtra sûrement un jour. [  Roberto Juarroz ]</description>
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		<title>Par : dicocitations</title>
		<link>http://www.dico-citations.com/elever-un-enfant-c-est-lui-apprendre-se-passer-de-nous-legouv-ernest/comment-page-1/#comment-6236</link>
		<dc:creator>dicocitations</dc:creator>
		<pubDate>Mon, 14 Mar 2011 22:12:43 +0000</pubDate>
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		<description>Mais que fais-je, et pourquoi d&#8217;une voix indiscr&#232;te 
C&#233;l&#233;brer en ces vers les plaisirs du po&#232;te, 
Quand l&#8217;art de Guttemberg, pour de plus grands bienfaits, 
R&#233;clame de mon luth les accents imparfaits. 
Suppl&#233;ant la parole, il donne &#224; la pens&#233;e 
De l&#8217;antique Forum la puissance pass&#233;e, 
L&#8217;&#233;rig&#233; en souveraine ; et ces grands mouvements 
Changent de caract&#232;re en changeant d&#8217;instruments. 
La parole agit vite ; elle surprend, enl&#232;ve : 
Son &#339;uvre en un moment et commence et s&#8217;ach&#232;ve ; 
Et des troubles cr&#233;&#233;s par ce puissant moteur 
Une r&#233;volte est l&#8217;arme, un seul homme est l&#8217;auteur. 
 
Plus lente &#224; se former, plus lente &#224; se d&#233;truire, 
Tous les renversements ou de culte ou d&#8217;empire 
Qu&#8217;am&#232;ne la pens&#233;e &#224; l&#8217;aide des &#233;crits 
Pour passer dans les faits passent par les esprits, 
La v&#233;rit&#233;, par elle en tous lieux r&#233;pandue, 
Glisse, coule, s&#8217;&#233;tend, dans les c&#339;urs s&#8217;insinue, 
Pour y r&#233;gner toujours les gagne avec lenteur. 
Chaque instant vient lui faire un ami d&#8217;un lecteur ; 
Le nombre se grossit, l&#8217;opinion s&#8217;enflamme, 
Dans mille seins divers passe et vit la m&#234;me &#226;me ; 
Et quand un peuple entier qu&#8217;anime un seul dessein 
Se l&#232;ve, et qu&#8217;&#224; grand bruit le choc &#233;clate enfin, 
Ce tonnerre tardif en sa course terrible 
Brise, emporte et dissout, destructeur invincible. 
Ce n&#8217;est plus une &#233;meute et sans but et sans fruit, 
Une foule aveugl&#233;e et qu&#8217;un homme conduit ; 
C&#8217;est tout un si&#232;cle uni d&#233;fendant sa pens&#233;e, 
C&#8217;est l&#8217;&#339;uvre de vingt ans en un jour ramass&#233;e, 
Le fruit d&#8217;un long pass&#233; plein d&#8217;un long avenir ! 
Gr&#226;ce &#224; l&#8217;imprimerie ! &#233;ternel souvenir, 
A toi dont les bienfaits ont marqu&#233; la puissance ! 
Source de nos grandeurs, arbre fertile, immense, 
Dont les parfums errants, dispers&#233;s dans les airs, 
De leurs germes f&#233;conds remplissent l&#8217;Univers. 
Au si&#232;cle de Louis, &#226;ge d&#8217;or du g&#233;nie, 
Tu vis s&#8217;&#233;panouir ta fleur, la po&#233;sie ; 
Et plus tard, f&#233;condant un sol ensanglant&#233;, 
Pour nous tu fis m&#251;rir ton fruit, la libert&#233; !... 
Non cette libert&#233; qui, de troubles nourrie, 
Outrage en ses exc&#232;s le tr&#244;ne et la patrie ; 
Mais la libert&#233; sage, et fille de la paix, 
Elle aura, gr&#226;ce &#226; toi, tous les rois pour sujets ; 
Gr&#226;ce &#224; toi, notre France a fait pacte avec elle, 
Et le sceau du contrat est la Charte immortelle... 
Mais respecte ta gloire, et que de tes travaux 
Ton art ne fasse point une source de maux : 
Qu&#8217;il n&#8217;aille pas, armant l&#8217;impure calomnie, 
Sur le juste opprim&#233; verser l&#8217;ignominie ; 
Qu&#8217;il ne soit ni v&#233;nal, ni faux, ni d&#233;lateur, 
Qu&#8217;il repousse l&#8217;&#233;crit dont le fiel corrupteur 
Souillerait le jeune &#226;ge en sa fleur d&#8217;innocence ; 
Pour le coupable seul r&#233;servant sa vengeance, 
Qu&#8217;il songe en fl&#233;trissant qu&#8217;il fl&#233;trit pour jamais ; 
Qu&#8217;il n&#8217;aille pas surtout, artisan de forfaits, 
&#201;garer les esprits, nourrir au sein des villes 
Le feu s&#233;ditieux des discordes civiles ; 
Et, bornant son pouvoir &#224; sauver les &#201;tats, 
Qu&#8217;il &#233;claire l&#8217;Europe, et ne l&#8217;embrase pas. </description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Mais que fais-je, et pourquoi d&rsquo;une voix indiscr&egrave;te<br />
C&eacute;l&eacute;brer en ces vers les plaisirs du po&egrave;te,<br />
Quand l&rsquo;art de Guttemberg, pour de plus grands bienfaits,<br />
R&eacute;clame de mon luth les accents imparfaits.<br />
Suppl&eacute;ant la parole, il donne &agrave; la pens&eacute;e<br />
De l&rsquo;antique Forum la puissance pass&eacute;e,<br />
L&rsquo;&eacute;rig&eacute; en souveraine ; et ces grands mouvements<br />
Changent de caract&egrave;re en changeant d&rsquo;instruments.<br />
La parole agit vite ; elle surprend, enl&egrave;ve :<br />
Son &oelig;uvre en un moment et commence et s&rsquo;ach&egrave;ve ;<br />
Et des troubles cr&eacute;&eacute;s par ce puissant moteur<br />
Une r&eacute;volte est l&rsquo;arme, un seul homme est l&rsquo;auteur. </p>
<p>Plus lente &agrave; se former, plus lente &agrave; se d&eacute;truire,<br />
Tous les renversements ou de culte ou d&rsquo;empire<br />
Qu&rsquo;am&egrave;ne la pens&eacute;e &agrave; l&rsquo;aide des &eacute;crits<br />
Pour passer dans les faits passent par les esprits,<br />
La v&eacute;rit&eacute;, par elle en tous lieux r&eacute;pandue,<br />
Glisse, coule, s&rsquo;&eacute;tend, dans les c&oelig;urs s&rsquo;insinue,<br />
Pour y r&eacute;gner toujours les gagne avec lenteur.<br />
Chaque instant vient lui faire un ami d&rsquo;un lecteur ;<br />
Le nombre se grossit, l&rsquo;opinion s&rsquo;enflamme,<br />
Dans mille seins divers passe et vit la m&ecirc;me &acirc;me ;<br />
Et quand un peuple entier qu&rsquo;anime un seul dessein<br />
Se l&egrave;ve, et qu&rsquo;&agrave; grand bruit le choc &eacute;clate enfin,<br />
Ce tonnerre tardif en sa course terrible<br />
Brise, emporte et dissout, destructeur invincible.<br />
Ce n&rsquo;est plus une &eacute;meute et sans but et sans fruit,<br />
Une foule aveugl&eacute;e et qu&rsquo;un homme conduit ;<br />
C&rsquo;est tout un si&egrave;cle uni d&eacute;fendant sa pens&eacute;e,<br />
C&rsquo;est l&rsquo;&oelig;uvre de vingt ans en un jour ramass&eacute;e,<br />
Le fruit d&rsquo;un long pass&eacute; plein d&rsquo;un long avenir !<br />
Gr&acirc;ce &agrave; l&rsquo;imprimerie ! &eacute;ternel souvenir,<br />
A toi dont les bienfaits ont marqu&eacute; la puissance !<br />
Source de nos grandeurs, arbre fertile, immense,<br />
Dont les parfums errants, dispers&eacute;s dans les airs,<br />
De leurs germes f&eacute;conds remplissent l&rsquo;Univers.<br />
Au si&egrave;cle de Louis, &acirc;ge d&rsquo;or du g&eacute;nie,<br />
Tu vis s&rsquo;&eacute;panouir ta fleur, la po&eacute;sie ;<br />
Et plus tard, f&eacute;condant un sol ensanglant&eacute;,<br />
Pour nous tu fis m&ucirc;rir ton fruit, la libert&eacute; !&#8230;<br />
Non cette libert&eacute; qui, de troubles nourrie,<br />
Outrage en ses exc&egrave;s le tr&ocirc;ne et la patrie ;<br />
Mais la libert&eacute; sage, et fille de la paix,<br />
Elle aura, gr&acirc;ce &acirc; toi, tous les rois pour sujets ;<br />
Gr&acirc;ce &agrave; toi, notre France a fait pacte avec elle,<br />
Et le sceau du contrat est la Charte immortelle&#8230;<br />
Mais respecte ta gloire, et que de tes travaux<br />
Ton art ne fasse point une source de maux :<br />
Qu&rsquo;il n&rsquo;aille pas, armant l&rsquo;impure calomnie,<br />
Sur le juste opprim&eacute; verser l&rsquo;ignominie ;<br />
Qu&rsquo;il ne soit ni v&eacute;nal, ni faux, ni d&eacute;lateur,<br />
Qu&rsquo;il repousse l&rsquo;&eacute;crit dont le fiel corrupteur<br />
Souillerait le jeune &acirc;ge en sa fleur d&rsquo;innocence ;<br />
Pour le coupable seul r&eacute;servant sa vengeance,<br />
Qu&rsquo;il songe en fl&eacute;trissant qu&rsquo;il fl&eacute;trit pour jamais ;<br />
Qu&rsquo;il n&rsquo;aille pas surtout, artisan de forfaits,<br />
&Eacute;garer les esprits, nourrir au sein des villes<br />
Le feu s&eacute;ditieux des discordes civiles ;<br />
Et, bornant son pouvoir &agrave; sauver les &Eacute;tats,<br />
Qu&rsquo;il &eacute;claire l&rsquo;Europe, et ne l&rsquo;embrase pas.</p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>Par : dicocitations</title>
		<link>http://www.dico-citations.com/elever-un-enfant-c-est-lui-apprendre-se-passer-de-nous-legouv-ernest/comment-page-1/#comment-6239</link>
		<dc:creator>dicocitations</dc:creator>
		<pubDate>Mon, 14 Mar 2011 22:12:27 +0000</pubDate>
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		<description>Cet art, sa nouveaut&#233;, sa puissance magique 
Effraya des esprits le z&#232;le fanatique : 
En vain, pour se placer sous la garde des cieux, 
Guttemberg, pr&#233;ludant par des travaux pieux, 
Donna la Bible sainte , &#224; grands cris l&#8217;ignorance 
L&#8217;attaqua dans Paris, le bannit de Mayence, 
Par la voix des docteurs au feu le condamna, 
Et contre lui la chaire au nom du ciel tonna. 
Ainsi tout grand bienfait en naissant fut un crime, 
Tout grand g&#233;nie un fou, souvent une victime, 
Et depuis Dieu qui vint, subissant notre sort, 
Instruire par sa vie et sauver par sa mort, 
Jusqu&#8217;aux sages mortels dont les vives lumi&#232;res 
Au jour de la raison ouvrirent nos paupi&#232;res, 
Toujours le Monde, sourd &#224; ces sublimes voix, 
Eut pour ses bienfaiteurs des b&#251;chers et des croix. 
Mais le juste meurt-il ? Ainsi l&#8217;imprimerie 
De ses pers&#233;cuteurs surmonte la furie 
Et poursuivant son cours, des antiques &#233;crits 
Offre aux si&#232;cles nouveaux les pr&#233;cieux d&#233;bris ; 
De Byzance h&#233;riti&#232;re, elle na&#238;t et s&#8217;avance 
Entre un Monde d&#233;truit, un Monde qui commence, 
Et, relevant l&#8217;&#233;clat de cet &#226;ge &#233;clips&#233;, 
Fait marcher le pr&#233;sent au flambeau du pass&#233; : 
De ces morts ranim&#233;s l&#8217;&#233;loquence supr&#234;me 
R&#233;v&#232;le en l&#8217;&#233;clairant ce grand si&#232;cle &#224; lui-m&#234;me, 
Du besoin de penser tourmente son sommeil, 
L&#8217;agite, l&#8217;inqui&#232;te ; et h&#226;tant son r&#233;veil, 
Remue an fond des c&#339;urs des puissances cach&#233;es : 
A leur repos de mort les &#226;mes arrach&#233;es 
Demandent &#224; l&#8217;&#233;tude une immortalit&#233;, 
Une route aux anciens ; toute l&#8217;antiquit&#233; 
Rena&#238;t, et vient former aux le&#231;ons du g&#233;nie, 
A travers trois mille ans, l&#8217;Europe rajeunie. 
Disciples glorieux, par l&#8217;&#233;clat de leurs vers, 
Le Tasse et l&#8217;Arioste enchantent l&#8217;Univers, 
Et ram&#232;nent l&#8217;Europe aux beaux jours de la Gr&#232;ce. 
Sur l&#8217;art de Guttemberg appuyant sa faiblesse, 
La science agrandit son horizon born&#233; : 
Copernic, repla&#231;ant le soleil d&#233;tr&#244;n&#233;, 
Le fait roi dans les deux, fixe au centre du Monde 
L&#8217;immobile foyer de sa clart&#233; f&#233;conde ; 
Et notre Globe tourne, et de l&#8217;astre du jour, 
Usurpateur d&#233;chu, s&#8217;en va grossir la cour. 
Colomb d&#233;couvre enfin cette terre nouvelle 
Qu&#8217;il promit &#224; la terre, et qu&#8217;un Dieu lui r&#233;v&#232;le. 
Et cependant notre art m&#234;le &#224; tant de grandeur, 
Protecteur ou t&#233;moin, son pouvoir cr&#233;ateur ; 
Soutien fid&#232;le, il pr&#234;te aux libert&#233;s naissantes 
L&#8217;appui de la pens&#233;e et ses armes puissantes. 
La science n&#8217;est plus cette clart&#233; trop rare 
Cach&#233;e &#224; tous les yeux, ni cette table avare 
O&#249; quelques convi&#233;s &#224; peine &#233;taient admis ; 
Tous &#224; ce grand banquet d&#233;sormais r&#233;unis, 
Nous venons y chercher le plaisir ou la gloire, 
Et des maux de la vie y perdre la m&#233;moire. 
 
Pour les infortun&#233;s un livre est un ami ; 
Par lui, dans ses revers le captif affermi 
Voit de ses tristes jours se renouer la trame ; 
Au charme des beaux vers abandonnant son &#226;me, 
Il est libre ; il retrouve un ciel, un horizon. 
Virgile le console ; et, pleurant sur Didon, 
Il oublie un moment de pleurer sur lui-m&#234;me. 
Un livre all&#232;ge aux rois le faix du diad&#232;me ; 
Un livre peut sauver plus d&#8217;un crime aux tyrans : 
Il calme tous les maux, il instruit tous les rangs. 
Le pauvre y vient apprendre &#224; supporter sa cha&#238;ne, 
L&#8217;esclave &#224; la briser ; il anime, il entra&#238;ne ; 
Enflamme le guerrier aux r&#233;cits des exploits, 
Et conduit vers la gloire et po&#232;tes et rois. 
Que de fois, d&#233;vor&#233; par de sombres alarmes, 
Triste du souvenir d&#8217;un pass&#233; plein de larmes, 
J&#8217;errai seul et pensif, redemandant aux cieux 
Un p&#232;re, dont la gloire a fui mes jeunes yeux. 
Si mes auteurs ch&#233;ris frappent alors ma vue, 
Malgr&#233; moi, p&#233;n&#233;tr&#233; d&#8217;une joie impr&#233;vue, 
Je m&#8217;arr&#234;te, et mon c&#339;ur un moment consol&#233; 
Redit tout bas les vers o&#249; leur c&#339;ur a parl&#233;. 
Tout un peuple d&#8217;amis &#224; mes c&#244;t&#233;s se presse : 
F&#233;nelon, par ses chants, adoucit ma tristesse ; 
J&#8217;&#233;coute Montesquieu, je consulte Boileau. 
Et cependant, perdu dans ce monde nouveau, 
Je renais au bonheur ; ma douleur affaiblie 
De mon c&#339;ur pas &#224; pas se retire, et j&#8217;oublie 
Quels appuis le destin au berceau m&#8217;a ravis, 
Pour voir combien le ciel me laisse encor d&#8217;amis. 
Douce et tendre amiti&#233; qui n&#8217;a pas de m&#233;compte, 
Que n&#8217;interrompt jamais le caprice ou la honte, 
Qu&#8217;affermit le malheur et que nourrit le temps ; 
Amis s&#251;rs, sans rigueur pour mes go&#251;ts inconstants, 
Que je quitte et reprends, que j&#8217;appelle et repousse, 
Sans que d&#8217;un jour d&#8217;oubli leur bont&#233; se courrouce, 
Pr&#234;ts &#224; m&#8217;aider encor, si dans leurs doux liens 
Mon c&#339;ur veut revenir, et toujours j&#8217;y reviens. 
 </description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Cet art, sa nouveaut&eacute;, sa puissance magique<br />
Effraya des esprits le z&egrave;le fanatique :<br />
En vain, pour se placer sous la garde des cieux,<br />
Guttemberg, pr&eacute;ludant par des travaux pieux,<br />
Donna la Bible sainte , &agrave; grands cris l&rsquo;ignorance<br />
L&rsquo;attaqua dans Paris, le bannit de Mayence,<br />
Par la voix des docteurs au feu le condamna,<br />
Et contre lui la chaire au nom du ciel tonna.<br />
Ainsi tout grand bienfait en naissant fut un crime,<br />
Tout grand g&eacute;nie un fou, souvent une victime,<br />
Et depuis Dieu qui vint, subissant notre sort,<br />
Instruire par sa vie et sauver par sa mort,<br />
Jusqu&rsquo;aux sages mortels dont les vives lumi&egrave;res<br />
Au jour de la raison ouvrirent nos paupi&egrave;res,<br />
Toujours le Monde, sourd &agrave; ces sublimes voix,<br />
Eut pour ses bienfaiteurs des b&ucirc;chers et des croix.<br />
Mais le juste meurt-il ? Ainsi l&rsquo;imprimerie<br />
De ses pers&eacute;cuteurs surmonte la furie<br />
Et poursuivant son cours, des antiques &eacute;crits<br />
Offre aux si&egrave;cles nouveaux les pr&eacute;cieux d&eacute;bris ;<br />
De Byzance h&eacute;riti&egrave;re, elle na&icirc;t et s&rsquo;avance<br />
Entre un Monde d&eacute;truit, un Monde qui commence,<br />
Et, relevant l&rsquo;&eacute;clat de cet &acirc;ge &eacute;clips&eacute;,<br />
Fait marcher le pr&eacute;sent au flambeau du pass&eacute; :<br />
De ces morts ranim&eacute;s l&rsquo;&eacute;loquence supr&ecirc;me<br />
R&eacute;v&egrave;le en l&rsquo;&eacute;clairant ce grand si&egrave;cle &agrave; lui-m&ecirc;me,<br />
Du besoin de penser tourmente son sommeil,<br />
L&rsquo;agite, l&rsquo;inqui&egrave;te ; et h&acirc;tant son r&eacute;veil,<br />
Remue an fond des c&oelig;urs des puissances cach&eacute;es :<br />
A leur repos de mort les &acirc;mes arrach&eacute;es<br />
Demandent &agrave; l&rsquo;&eacute;tude une immortalit&eacute;,<br />
Une route aux anciens ; toute l&rsquo;antiquit&eacute;<br />
Rena&icirc;t, et vient former aux le&ccedil;ons du g&eacute;nie,<br />
A travers trois mille ans, l&rsquo;Europe rajeunie.<br />
Disciples glorieux, par l&rsquo;&eacute;clat de leurs vers,<br />
Le Tasse et l&rsquo;Arioste enchantent l&rsquo;Univers,<br />
Et ram&egrave;nent l&rsquo;Europe aux beaux jours de la Gr&egrave;ce.<br />
Sur l&rsquo;art de Guttemberg appuyant sa faiblesse,<br />
La science agrandit son horizon born&eacute; :<br />
Copernic, repla&ccedil;ant le soleil d&eacute;tr&ocirc;n&eacute;,<br />
Le fait roi dans les deux, fixe au centre du Monde<br />
L&rsquo;immobile foyer de sa clart&eacute; f&eacute;conde ;<br />
Et notre Globe tourne, et de l&rsquo;astre du jour,<br />
Usurpateur d&eacute;chu, s&rsquo;en va grossir la cour.<br />
Colomb d&eacute;couvre enfin cette terre nouvelle<br />
Qu&rsquo;il promit &agrave; la terre, et qu&rsquo;un Dieu lui r&eacute;v&egrave;le.<br />
Et cependant notre art m&ecirc;le &agrave; tant de grandeur,<br />
Protecteur ou t&eacute;moin, son pouvoir cr&eacute;ateur ;<br />
Soutien fid&egrave;le, il pr&ecirc;te aux libert&eacute;s naissantes<br />
L&rsquo;appui de la pens&eacute;e et ses armes puissantes.<br />
La science n&rsquo;est plus cette clart&eacute; trop rare<br />
Cach&eacute;e &agrave; tous les yeux, ni cette table avare<br />
O&ugrave; quelques convi&eacute;s &agrave; peine &eacute;taient admis ;<br />
Tous &agrave; ce grand banquet d&eacute;sormais r&eacute;unis,<br />
Nous venons y chercher le plaisir ou la gloire,<br />
Et des maux de la vie y perdre la m&eacute;moire. </p>
<p>Pour les infortun&eacute;s un livre est un ami ;<br />
Par lui, dans ses revers le captif affermi<br />
Voit de ses tristes jours se renouer la trame ;<br />
Au charme des beaux vers abandonnant son &acirc;me,<br />
Il est libre ; il retrouve un ciel, un horizon.<br />
Virgile le console ; et, pleurant sur Didon,<br />
Il oublie un moment de pleurer sur lui-m&ecirc;me.<br />
Un livre all&egrave;ge aux rois le faix du diad&egrave;me ;<br />
Un livre peut sauver plus d&rsquo;un crime aux tyrans :<br />
Il calme tous les maux, il instruit tous les rangs.<br />
Le pauvre y vient apprendre &agrave; supporter sa cha&icirc;ne,<br />
L&rsquo;esclave &agrave; la briser ; il anime, il entra&icirc;ne ;<br />
Enflamme le guerrier aux r&eacute;cits des exploits,<br />
Et conduit vers la gloire et po&egrave;tes et rois.<br />
Que de fois, d&eacute;vor&eacute; par de sombres alarmes,<br />
Triste du souvenir d&rsquo;un pass&eacute; plein de larmes,<br />
J&rsquo;errai seul et pensif, redemandant aux cieux<br />
Un p&egrave;re, dont la gloire a fui mes jeunes yeux.<br />
Si mes auteurs ch&eacute;ris frappent alors ma vue,<br />
Malgr&eacute; moi, p&eacute;n&eacute;tr&eacute; d&rsquo;une joie impr&eacute;vue,<br />
Je m&rsquo;arr&ecirc;te, et mon c&oelig;ur un moment consol&eacute;<br />
Redit tout bas les vers o&ugrave; leur c&oelig;ur a parl&eacute;.<br />
Tout un peuple d&rsquo;amis &agrave; mes c&ocirc;t&eacute;s se presse :<br />
F&eacute;nelon, par ses chants, adoucit ma tristesse ;<br />
J&rsquo;&eacute;coute Montesquieu, je consulte Boileau.<br />
Et cependant, perdu dans ce monde nouveau,<br />
Je renais au bonheur ; ma douleur affaiblie<br />
De mon c&oelig;ur pas &agrave; pas se retire, et j&rsquo;oublie<br />
Quels appuis le destin au berceau m&rsquo;a ravis,<br />
Pour voir combien le ciel me laisse encor d&rsquo;amis.<br />
Douce et tendre amiti&eacute; qui n&rsquo;a pas de m&eacute;compte,<br />
Que n&rsquo;interrompt jamais le caprice ou la honte,<br />
Qu&rsquo;affermit le malheur et que nourrit le temps ;<br />
Amis s&ucirc;rs, sans rigueur pour mes go&ucirc;ts inconstants,<br />
Que je quitte et reprends, que j&rsquo;appelle et repousse,<br />
Sans que d&rsquo;un jour d&rsquo;oubli leur bont&eacute; se courrouce,<br />
Pr&ecirc;ts &agrave; m&rsquo;aider encor, si dans leurs doux liens<br />
Mon c&oelig;ur veut revenir, et toujours j&rsquo;y reviens.</p>
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	<item>
		<title>Par : dicocitations</title>
		<link>http://www.dico-citations.com/elever-un-enfant-c-est-lui-apprendre-se-passer-de-nous-legouv-ernest/comment-page-1/#comment-6238</link>
		<dc:creator>dicocitations</dc:creator>
		<pubDate>Mon, 14 Mar 2011 22:12:02 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://www.dico-citations.com/elever-un-enfant-c-est-lui-apprendre-se-passer-de-nous-legouv-ernest#comment-6238</guid>
		<description>Ernest Legouv&#233; 
 
La D&#233;couverte de l&#8217;imprimerie 
Pi&#232;ce couronn&#233;e par l&#8217;Acad&#233;mie Fran&#231;aise en 1829 
 
 
 
  
Vires acquirit eundo. 
 
 
Aux accents inspir&#233;s de sa lyre puissante, 
Le g&#233;nie, instruisant la Terre ob&#233;issante, 
Plia l&#8217;homme sauvage au noble joug des lois. 
Conserv&#233;s par le c&#339;ur, r&#233;p&#233;t&#233;s par la voix, 
Ses hymnes bienfaiteurs pass&#232;rent d&#8217;&#226;ge en &#226;ge ; 
Les peuples se l&#233;guaient ce sublime h&#233;ritage ; 
Et dans les airs charm&#233;s, ces chants m&#233;lodieux 
Se prolongeaient au loin comme un &#233;cho des cieux. 
Mais la reconnaissance est souvent infid&#232;le ; 
Fille de la m&#233;moire, et fragile comme elle, 
La gloire, &#233;clat d&#8217;un jour, royaut&#233; d&#8217;un instant, 
Mourait comme le son meurt en se r&#233;p&#233;tant. 
 
Bient&#244;t du papyrus les feuilles fugitives 
Des tr&#233;sors de l&#8217;esprit devinrent les archives ; 
Mais souvent le po&#232;te &#224; leur fragilit&#233; 
Confiait, en tremblant, son immortalit&#233;. 
Trop avare des biens qu&#8217;il avait su d&#233;fendre, 
Et fait pour les sauver plus que pour les r&#233;pandre, 
Le papyrus, bornant leur nombre et leurs bienfaits 
Du g&#233;nie en Egypte enfermait les secrets. 
Des pr&#234;tres de Memphis la sombre d&#233;fiance 
Au fond du sanctuaire exilait la science, 
Lampe myst&#233;rieuse, et cach&#233;e aux mortels, 
Qui br&#251;lait solitaire &#224; l&#8217;ombre des autels. 
Tout livre &#233;tait sacr&#233;, tout lecteur sacril&#232;ge : 
Des &#233;preuves d&#8217;Isis l&#8217;in&#233;vitable pi&#232;ge 
Effrayait les regards noblement curieux 
Qui voulaient p&#233;n&#233;trer dans les secrets des cieux. 
Platon for&#231;ait le temple, et d&#8217;une main hardie 
D&#233;chirait le saint voile, au risque de sa vie ; 
Mais le vulgaire obscur, dont l&#8217;&#339;il indiff&#233;rent, 
Quand le jour ne vient pas, reste aveugle et l&#8217;attend, 
Quel sort &#233;tait le sien ? Instruit &#224; l&#8217;ignorance, 
Il tra&#238;nait dans les fers une docile enfance, 
Abdiquait la raison, et son z&#232;le pieux 
Faisait de ses erreurs un hommage &#224; ses dieux. 
 
Sur les pas de ce si&#232;cle un autre si&#232;cle arrive ; 
Mais le Temps marche seul. Puissante, mais captive, 
La pens&#233;e arr&#234;t&#233;e en son rapide essor, 
Aigle esclave, sentait tomber ses ailes d&#8217;or, 
Et la raison voyait p&#226;lir sa clart&#233; sainte 
Par les tyrans proscrite, ou par le temps &#233;teinte. 
Les peuples, leurs &#233;crits, leurs travaux &#233;clatants 
Couraient s&#8217;ensevelir dans l&#8217;ab&#238;me des temps ; 
Plus grands, mais moins heureux qu&#8217;en cet &#226;ge o&#249; nous sommes, 
Les si&#232;cles engloutis mouraient comme les hommes. 
L&#8217;esprit humain, br&#251;lant d&#8217;un inutile feu, 
Attendait, appelait un homme, un ange, un Dieu, 
Qui publi&#226;t sa gloire, et, du tropique au p&#244;le 
R&#233;pandant ses tr&#233;sors, donn&#226;t &#224; sa parole 
Pour &#226;ge tous les temps, pour champ tout l&#8217;Univers. 
 
Guttemberg appara&#238;t, et libre de ses fers, 
Le g&#233;nie immortel a repris son empire, 
Et le temps d&#233;sarm&#233; passe, mais sans d&#233;truire. 
Un seul homme a sauv&#233; vingt si&#232;cles de l&#8217;oubli ! 
Qu&#8217;il en soit donc sauv&#233; ! Que son nom ennobli 
Trouve dans tous nos vers un &#233;cho de sa gloire. 
Sa d&#233;couverte au Monde a l&#233;gu&#233; sa m&#233;moire. 
 
Un jour que, fatigu&#233; de st&#233;riles essais, 
Il veut d&#8217;un si grand &#339;uvre assurer le succ&#232;s, 
Tout &#224; coup, se levant : &#8212; O secrets du g&#233;nie, 
Je t&#8217;ai trouv&#233;, dit-il ; qu&#8217;a jamais soit bannie 
Cette planche grossi&#232;re et ces traits mal form&#233;s : 
Que des lettres, des mots, dans le bois imprim&#233;s, 
Et tout entiers noircis d&#8217;une trace liquide, 
Transmettent leur empreinte au parchemin humide ; 
Que, sans fin reproduits, ils r&#233;pandent sans fin 
Ces sublimes &#233;crits, tr&#233;sors du genre humain. 
Allons plus loin : brisons cette planche immobile, 
Que des mots encha&#238;n&#233;s l&#8217;assemblage servile 
Se s&#233;pare &#224; l&#8217;instant, et qu&#8217;en cet art nouveau 
Le fer succ&#232;de au bois, et le moule au ciseau ; 
Dans des cadres &#233;gaux fix&#233;e et non captive, 
A son tour sous mes doigts que chaque lettre arrive 
Et se m&#234;le a ses s&#339;urs, pr&#234;te &#224; se d&#233;tacher, 
Si pour un autre emploi ma main va la chercher. 
Je l&#8217;ai trouv&#233; !.... Revive Omar et sa col&#232;re, 
J&#8217;ai du dieu du savoir fait un dieu populaire ; 
J&#8217;enrichis mon pays, mon si&#232;cle, l&#8217;avenir, 
D&#8217;un art conservateur qui ne doit pas finir : 
Naissez, guerriers, savants ; naissez, jeunes po&#232;tes ! 
Les voix de l&#8217;avenir ne seront plus muettes ; 
La gloire ne meurt plus, et le g&#233;nie est roi ! 
Immortels par mon art, immortalisez-moi. </description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Ernest Legouv&eacute; </p>
<p>La D&eacute;couverte de l&rsquo;imprimerie<br />
Pi&egrave;ce couronn&eacute;e par l&rsquo;Acad&eacute;mie Fran&ccedil;aise en 1829 </p>
<p>Vires acquirit eundo. </p>
<p>Aux accents inspir&eacute;s de sa lyre puissante,<br />
Le g&eacute;nie, instruisant la Terre ob&eacute;issante,<br />
Plia l&rsquo;homme sauvage au noble joug des lois.<br />
Conserv&eacute;s par le c&oelig;ur, r&eacute;p&eacute;t&eacute;s par la voix,<br />
Ses hymnes bienfaiteurs pass&egrave;rent d&rsquo;&acirc;ge en &acirc;ge ;<br />
Les peuples se l&eacute;guaient ce sublime h&eacute;ritage ;<br />
Et dans les airs charm&eacute;s, ces chants m&eacute;lodieux<br />
Se prolongeaient au loin comme un &eacute;cho des cieux.<br />
Mais la reconnaissance est souvent infid&egrave;le ;<br />
Fille de la m&eacute;moire, et fragile comme elle,<br />
La gloire, &eacute;clat d&rsquo;un jour, royaut&eacute; d&rsquo;un instant,<br />
Mourait comme le son meurt en se r&eacute;p&eacute;tant. </p>
<p>Bient&ocirc;t du papyrus les feuilles fugitives<br />
Des tr&eacute;sors de l&rsquo;esprit devinrent les archives ;<br />
Mais souvent le po&egrave;te &agrave; leur fragilit&eacute;<br />
Confiait, en tremblant, son immortalit&eacute;.<br />
Trop avare des biens qu&rsquo;il avait su d&eacute;fendre,<br />
Et fait pour les sauver plus que pour les r&eacute;pandre,<br />
Le papyrus, bornant leur nombre et leurs bienfaits<br />
Du g&eacute;nie en Egypte enfermait les secrets.<br />
Des pr&ecirc;tres de Memphis la sombre d&eacute;fiance<br />
Au fond du sanctuaire exilait la science,<br />
Lampe myst&eacute;rieuse, et cach&eacute;e aux mortels,<br />
Qui br&ucirc;lait solitaire &agrave; l&rsquo;ombre des autels.<br />
Tout livre &eacute;tait sacr&eacute;, tout lecteur sacril&egrave;ge :<br />
Des &eacute;preuves d&rsquo;Isis l&rsquo;in&eacute;vitable pi&egrave;ge<br />
Effrayait les regards noblement curieux<br />
Qui voulaient p&eacute;n&eacute;trer dans les secrets des cieux.<br />
Platon for&ccedil;ait le temple, et d&rsquo;une main hardie<br />
D&eacute;chirait le saint voile, au risque de sa vie ;<br />
Mais le vulgaire obscur, dont l&rsquo;&oelig;il indiff&eacute;rent,<br />
Quand le jour ne vient pas, reste aveugle et l&rsquo;attend,<br />
Quel sort &eacute;tait le sien ? Instruit &agrave; l&rsquo;ignorance,<br />
Il tra&icirc;nait dans les fers une docile enfance,<br />
Abdiquait la raison, et son z&egrave;le pieux<br />
Faisait de ses erreurs un hommage &agrave; ses dieux. </p>
<p>Sur les pas de ce si&egrave;cle un autre si&egrave;cle arrive ;<br />
Mais le Temps marche seul. Puissante, mais captive,<br />
La pens&eacute;e arr&ecirc;t&eacute;e en son rapide essor,<br />
Aigle esclave, sentait tomber ses ailes d&rsquo;or,<br />
Et la raison voyait p&acirc;lir sa clart&eacute; sainte<br />
Par les tyrans proscrite, ou par le temps &eacute;teinte.<br />
Les peuples, leurs &eacute;crits, leurs travaux &eacute;clatants<br />
Couraient s&rsquo;ensevelir dans l&rsquo;ab&icirc;me des temps ;<br />
Plus grands, mais moins heureux qu&rsquo;en cet &acirc;ge o&ugrave; nous sommes,<br />
Les si&egrave;cles engloutis mouraient comme les hommes.<br />
L&rsquo;esprit humain, br&ucirc;lant d&rsquo;un inutile feu,<br />
Attendait, appelait un homme, un ange, un Dieu,<br />
Qui publi&acirc;t sa gloire, et, du tropique au p&ocirc;le<br />
R&eacute;pandant ses tr&eacute;sors, donn&acirc;t &agrave; sa parole<br />
Pour &acirc;ge tous les temps, pour champ tout l&rsquo;Univers. </p>
<p>Guttemberg appara&icirc;t, et libre de ses fers,<br />
Le g&eacute;nie immortel a repris son empire,<br />
Et le temps d&eacute;sarm&eacute; passe, mais sans d&eacute;truire.<br />
Un seul homme a sauv&eacute; vingt si&egrave;cles de l&rsquo;oubli !<br />
Qu&rsquo;il en soit donc sauv&eacute; ! Que son nom ennobli<br />
Trouve dans tous nos vers un &eacute;cho de sa gloire.<br />
Sa d&eacute;couverte au Monde a l&eacute;gu&eacute; sa m&eacute;moire. </p>
<p>Un jour que, fatigu&eacute; de st&eacute;riles essais,<br />
Il veut d&rsquo;un si grand &oelig;uvre assurer le succ&egrave;s,<br />
Tout &agrave; coup, se levant : &mdash; O secrets du g&eacute;nie,<br />
Je t&rsquo;ai trouv&eacute;, dit-il ; qu&rsquo;a jamais soit bannie<br />
Cette planche grossi&egrave;re et ces traits mal form&eacute;s :<br />
Que des lettres, des mots, dans le bois imprim&eacute;s,<br />
Et tout entiers noircis d&rsquo;une trace liquide,<br />
Transmettent leur empreinte au parchemin humide ;<br />
Que, sans fin reproduits, ils r&eacute;pandent sans fin<br />
Ces sublimes &eacute;crits, tr&eacute;sors du genre humain.<br />
Allons plus loin : brisons cette planche immobile,<br />
Que des mots encha&icirc;n&eacute;s l&rsquo;assemblage servile<br />
Se s&eacute;pare &agrave; l&rsquo;instant, et qu&rsquo;en cet art nouveau<br />
Le fer succ&egrave;de au bois, et le moule au ciseau ;<br />
Dans des cadres &eacute;gaux fix&eacute;e et non captive,<br />
A son tour sous mes doigts que chaque lettre arrive<br />
Et se m&ecirc;le a ses s&oelig;urs, pr&ecirc;te &agrave; se d&eacute;tacher,<br />
Si pour un autre emploi ma main va la chercher.<br />
Je l&rsquo;ai trouv&eacute; !&#8230;. Revive Omar et sa col&egrave;re,<br />
J&rsquo;ai du dieu du savoir fait un dieu populaire ;<br />
J&rsquo;enrichis mon pays, mon si&egrave;cle, l&rsquo;avenir,<br />
D&rsquo;un art conservateur qui ne doit pas finir :<br />
Naissez, guerriers, savants ; naissez, jeunes po&egrave;tes !<br />
Les voix de l&rsquo;avenir ne seront plus muettes ;<br />
La gloire ne meurt plus, et le g&eacute;nie est roi !<br />
Immortels par mon art, immortalisez-moi.</p>
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