Ecoute, bûcheron, arrête un peu le bras! – Ce ne sont pas des bois que tu jettes à bas; – Ne vois-tu pas le sang, lequel dégoutte à force – Des nymphes qui vivraient dessous la dure écorce?
Elégies, XXIV, Contre les bûcherons de la forêt de Gastine
Citations de Pierre de Ronsard
Pierre de Ronsard
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Je lui offris mes citations préférées, comme des confiseries cuisinées, façonnées et préparées pour la dégustation.
[ Janet Frame ]
marie
5 janvier 2009 à 8:31
…..dessous la dure écorse. sacrilège meutrier si l'on pend un voleur pour piller un butin de bien peu de valeur, combien de feu, de fer, de morts et de détresse mérites tu méchant pour tuer nos déesses. forêt haute maison des oiseaux bocagers plus le cerf solitaire et le chevreuil léger ne paîtrons sous…. etc etc
j'ai appris cette récitation lorsque j'étais très jeune et à 63 ans je m'en souviens toujours tellement elle était belle
dicocitations
5 janvier 2009 à 9:18
Merci Marie. Quelle mémoire !
Voici donc la récitation en entier :
Ecoute, bûcheron, arrête un peu le bras!
Ce ne sont pas des bois que tu jettes à bas;
Ne vois-tu pas le sang, lequel dégoutte à force
Des nymphes qui vivraient dessous la dure écorce ?
Sacrilège meurtrier, si on pend un voleur
Pour piller un butin de bien peu de valeur,
Combien de feux, de fers, de morts et de détresses
Mérites-tu, méchant, pour tuer nos déesses ?
Forêt, haute maison des oiseaux bocagers !
Plus le cerf solitaire et les chevreuils légers
Ne paîtront sous ton ombre, et ta verte crinière
Plus du soleil d'été ne rompra la lumière.
Plus l'amoureux pasteur sur un tronc adossé,
Enflant son flageolet a quatre trous percé.
Son mâtin à ses pieds, à son flanc la houlette.
Ne dira plus l'ardeur de sa belle Janette ;
Tout deviendra muet. Echo sera sans voix ;
Tu deviendras campagne, et, en lieu de tes bois.
Dont l'ombrage incertain lentement se remue,
Tu sentiras le soc, le coutre et la charrue ;
Tu perdras le silence, et haletants d'eflFroi
Ni Satyres ni Pans ne viendront plus chez toi.
Adieu, vieille forêt, le jouet de Zéphire,
Où premier j'accordai les langues de ma lyre.
Où premier j'entendis les flèches résonner
D'Apollon, qui me vint tout le cœur étonner ;
Où premier, admirant ma belle Calliope,
Je devins amoureux de sa neuvaine trope,
Quand sa main sur le front cent roses me jeta,
Et de son propre lait Euterpe m'allaita.
Adieu, vieille forêt, adieu têtes sacrées,
De tableaux et de fleurs autrefois honorées,
Maintenant le dédain des passants altérés.
Qui, brûlés en l'été des rayons éthérés.
Sans plus trouver le frais de tes douces verdures,
Accusent tes meurtriers et leur disent injures.
dicocitations
5 janvier 2009 à 9:21
Merci Marie. Quelle mémoire !
Voici donc la récitation en entier :
Ecoute, bûcheron, arrête un peu le bras!
Ce ne sont pas des bois que tu jettes à bas;
Ne vois-tu pas le sang, lequel dégoutte à force
Des nymphes qui vivraient dessous la dure écorce ?
Sacrilège meurtrier, si on pend un voleur
Pour piller un butin de bien peu de valeur,
Combien de feux, de fers, de morts et de détresses
Mérites-tu, méchant, pour tuer nos déesses ?
Forêt, haute maison des oiseaux bocagers !
Plus le cerf solitaire et les chevreuils légers
Ne paîtront sous ton ombre, et ta verte crinière
Plus du soleil d'été ne rompra la lumière.
Plus l'amoureux pasteur sur un tronc adossé,
Enflant son flageolet a quatre trous percé.
Son mâtin à ses pieds, à son flanc la houlette.
Ne dira plus l'ardeur de sa belle Janette ;
Tout deviendra muet. Echo sera sans voix ;
Tu deviendras campagne, et, en lieu de tes bois.
Dont l'ombrage incertain lentement se remue,
Tu sentiras le soc, le coutre et la charrue ;
Tu perdras le silence, et haletants d'eflFroi
Ni Satyres ni Pans ne viendront plus chez toi.
Adieu, vieille forêt, le jouet de Zéphire,
Où premier j'accordai les langues de ma lyre.
Où premier j'entendis les flèches résonner
D'Apollon, qui me vint tout le cœur étonner ;
Où premier, admirant ma belle Calliope,
Je devins amoureux de sa neuvaine trope,
Quand sa main sur le front cent roses me jeta,
Et de son propre lait Euterpe m'allaita.
Adieu, vieille forêt, adieu têtes sacrées,
De tableaux et de fleurs autrefois honorées,
Maintenant le dédain des passants altérés.
Qui, brûlés en l'été des rayons éthérés.
Sans plus trouver le frais de tes douces verdures,
Accusent tes meurtriers et leur disent injures.