Ce malheureux attendait – Pour jouir de son bien une seconde vie; – Ne possédait pas l’or, mais l’or le possédait.
Fables (1668 à 1694), Livre quatrième, XX, l’avare qui a perdu son trésor
Citations de Jean de La Fontaine
Jean de La Fontaine
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Je lui offris mes citations préférées, comme des confiseries cuisinées, façonnées et préparées pour la dégustation.
[ Janet Frame ]
pixmimi
12 juin 2009 à 5:48
cette citation veut dire que l'or passait avant tout dans sa vie, donc elle avait pris le "pouvoir" et "controler" sa vie et que lui n'exercait pas ce pourvoir sur l'or ?
dicocitations
12 juin 2009 à 6:39
Le mot se trouve, attribué à Bion, dans la « Vie des philosophes » (IV, 50) de Laërce « Il ne possède guère ses richesses mais ce sont ses richesses qui le possèdent. » Et Mademoiselle de Scudéry renchérira « car que servent les trésors où l’on n’ose toucher ? Ils servent, reprit Mexaris, à savoir qu’on les possède ; ou plutôt, reprit Doralise, à en être possédé. » (« Le Grand Cyrus », tome 5, 101).
dicocitations
12 juin 2009 à 6:40
L'Avare qui a perdu son Trésor – Livre IV – Fable 20
L'usage seulement fait la possession.
Je demande à ces gens de qui la passion
Est d'entasser toujours, mettre somme sur somme,
Quel avantage ils ont que n'ait pas un autre homme.
Diogène là-bas est aussi riche qu'eux,
Et l'avare ici-hautcomme lui vit en gueux.
L'homme au trésor caché qu'Esope nous propose,
Servira d'exemple à la chose.
Ce malheureux attendait,
Pour jouir de son bien, une seconde vie;
Ne possédait pas l'or, mais l'or le possédait.
Il avait dans la terre une somme enfouie,
Son coeur avec, n'ayant autre déduit)
Que d'y ruminer jour et nuit,
Et rendre sa chevance à lui-même sacrée.
Qu'il allât ou qu'il vînt, qu'il bût ou qu'il mangeât,
On l'eût pris de bien court, à moins qu'il ne songeât
A l'endroit où gisait cette somme enterrée.
Il y fit tant de tours qu'un fossoyeur le vit,
Se douta du dépôt, l'enleva sans rien dire.
Notre avare, un beau jour, ne trouva que le nid.
Voilà mon homme aux pleurs : il gémit, il soupire,
Il se tourmente, il se déchire.
Un passant lui demande à quel sujet ses cris.
«C'est mon trésor que l'on m'a pris.
- Votre trésor? où pris? – Tout joignant cette pierre.
– Eh! sommes-nous en temps de guerre
Pour l'apporter si loin? N'eussiez-vous pas mieux fait
De le laisser chez vous en votre cabinet,
Que de le changer de demeure?
Vous auriez pu sans peine y puiser à toute heure.
- A toute heure, bons Dieux! ne tient-il qu'à cela?
L'argent vient-il comme il s'en va?
Je n'y touchais jamais. – Dites-moi donc, de grâce
Reprit l'autre, pourquoi vous vous affligez tant,
Puisque vous ne touchiez jamais à cet argent,
Mettez une pierre à la place,
Elle vous vaudra tout autant.»