Allez dire à ceux qui vous envoient que nous sommes ici par la volonté nationale et que nous n’en sortirons que par la puissance des baïonnettes.
Au marquis de Dreux-Brezé, grand maître des cérémonies du roi, le 23 juin 1789.
Citations de Honoré Gabriel Riqueti, comte de Mirabeau
Honoré Gabriel Riqueti, comte de Mirabeau
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Envoyer à un amiJe lui offris mes citations préférées, comme des confiseries cuisinées, façonnées et préparées pour la dégustation.
[ Janet Frame ]
dicocitations
6 octobre 2009 à 9:55
La véritable citation , extrait des débats à Assemblée nationale – Séance du mardi 23 juin 1789
Oui, Monsieur, nous avons entendu les intentions qu’on a suggérées au Roi ; et vous qui ne sauriez être son organe auprès des Etats-Généraux, vous qui n’avez ici ni place ni voix, ni droit de parler, vous n’êtes pas fait pour nous rappeler son discours. Cependant, pour éviter toute équivoque et tout délai, je vous déclare que si l’on vous a chargé de nous faire sortir d’ici, vous devez demander des ordres pour employer la force ; car nous ne quitterons nos places que par la puissance des baïonnettes.
dicocitations
6 octobre 2009 à 9:48
Jean-Sylvain Bailly, qui présidait la séance, rapporte ainsi les faits dans son ouvrage posthume Mémoires d'un témoin de la Révolution :
« Après le départ du roi, la totalité de la noblesse et une partie du clergé se retirèrent, les communes demeurèrent à leur place, tranquilles et en silence. Le grand maître des cérémonies s'approcha de moi et me dit : "Monsieur, vous avez entendu l'ordre du roi ?". Je lui répondis : "Monsieur, l'Assemblée s'est ajournée après la séance royale ; je ne puis la séparer sans qu'elle en ait délibéré"; "Est-ce là votre réponse et puis-je en faire part au roi ?". "Oui, Monsieur". Et j'ajoutai à mes collègues qui étaient autour de moi : "Je crois que la nation assemblée ne peut pas recevoir d'ordre". On a dit et répété que j'avais fait cette réponse à M. de Brézé. La réponse officielle est celle que je viens de rapporter. Je respectais trop le roi pour faire une pareille réponse ; je savais trop les égards qu'un président doit à l'Assemblée pour l'engager ainsi sans son consentement. C'était à elle et non à moi à peser, connaître et déclarer ses droits.
A la vérité, Mirabeau prit la parole et, s'emportant contre le grand maître des cérémonies, dit à peu près ce qu'on a répété depuis : "Allez dire à ceux qui vous envoient que la force des baïonnettes ne peut rien contre la volonté de la nation". On a beaucoup loué cette réponse, qui n'en est pas une, mais une apostrophe qu'il ne devait pas faire, qu'il n'avait pas le droit de faire, puisque le président seul doit parler, et qui, en même temps que déplacée, était hors de toute mesure. La mesure veut qu'on ne réponde qu'à ce qui est dit. Avait-on parlé de baïonnettes, avait-on annoncé la force, était-il échappé une menace de la bouche de M. de Brézé ? Non. Il rappelait selon son devoir un ordre du roi. Le roi avait-il le droit de donner cet ordre ? L'Assemblée, en continuant la séance, a décidé que non ; et moi, en déclarant que l'Assemblée ne pouvait être séparée avant d'en avoir délibéré, je lui avais conservé ses droits et sa dignité ; et j'étais resté dans la mesure dont une assemblée et son président ne doivent jamais s'écarter. »
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6 octobre 2009 à 9:48
Dans sa Treizième lettre à ses commettans, relatant les faits des 23, 24 et 25 juin 1789, Mirabeau présente ainsi la scène (sans se nommer au demeurant) :
« Les députés de la noblesse, et une partie de ceux du clergé se sont retirés ; les autres sont resté constamment à leur place. Bientôt M. le marquis de Brézé est venu leur dire : "Messieurs, vous connaissez les intentions du roi". Sur quoi un des membres des Communes, lui adressant la parole, a dit : "Oui, Monsieur, nous avons entendu les intentions qu'on a suggérées au roi, et vous qui ne sauriez être son organe auprès de États généraux, vous qui n'avez ici ni place, ni voix, ni droit de parler, vous n'êtes pas fait pour rappeler son discours. Cependant, pour éviter toute équivoque et tout délai, je vous déclare que si l'on vous a chargé de nous faire sortir d'ici, vous devez demander des ordres pour employer la force, car nous ne quitterons nos places que par la puissance de la baïonnette.
Alors, d'une voix unanime, tous les députés se sont écriés : Tel est le vœu de l'Assemblée. »
dicocitations
6 octobre 2009 à 9:50
Assemblée nationale – Séance du mardi 23 juin 1789
Extrait des débats
M. le comte de Mirabeau se lève avec le ton et les gestes de l’indignation, et répond ainsi :
« Oui, Monsieur, nous avons entendu les intentions qu’on a suggérées au roi ; et vous, qui ne sauriez être son organe auprès des États généraux, vous, qui n’avez ici ni place, ni droit de parler, vous n’êtes pas fait pour nous rappeler son discours. Cependant, pour éviter tout équivoque et tout délai, je déclare que si l’on vous a chargé de nous faire sortir d’ici, vous devez demander des ordres pour employer la force ; car nous ne quitterons nos places que par la puissance des baïonnettes.
D'une voix unanime, les députés se sont écriés : « Tel est le vœu de l'Assemblée. »
Le grand-maître des cérémonies se retire.
Un morne silence règne dans l'Assemblée.
(…)
M. le comte de Mirabeau. C’est aujourd’hui que je bénis la liberté de ce qu’elle mûrit de si beaux fruits dans l’Assemblée nationale. Assurons notre ouvrage, en déclarant inviolable la personne des députés aux États généraux. Ce n’est pas manifester une crainte : c’est agir avec prudence ; c’est un frein contre les conseils violents qui assiègent le trône.
Après un court débat, cette motion est adoptée à la pluralité de 493 voix contre 34 ; et l’Assemblée se sépare après avoir pris l’arrêté suivant :
« L’Assemblée nationale déclare que la personne de chaque député est inviolable ; que tous particuliers, toutes corporations, tribunal, cour ou commission qui oseraient, pendant ou après la présente session, poursuivre, rechercher arrêter ou faire arrêter, détenir ou faire détenir un député, pour raisons d’aucunes propositions, avis, opinions, ou discours par lui faits aux États généraux ; de même que toutes personnes qui prêteraient leur ministère à aucun desdits attentats, de quelque part qu’ils fussent ordonnés, sont infâmes et traîtres envers la Nation, et coupables de crime capital. L’Assemblée nationale arrête que dans les cas susdits, elle prendra toutes les mesures nécessaires pour rechercher, poursuivre et punir ceux qui en seront les auteurs, instigateurs ou exécuteurs. »
dicocitations
6 octobre 2009 à 9:54
Allez dire à ceux qui vous envoient que nous sommes ici par la volonté du peuple et que nous ne quitterons nos places que par la force des baïonnettes !
Ou encore Allez dire à ceux qui vous envoient que nous sommes ici par la volonté nationale et que nous n’en sortirons que par la puissance des baïonnettes.
sont des versions emphatiques plus connues …